La plantation et les jeunes vergers

La plantation des oliviers a lieu de préférence sous nos latitudes en mars et avril. Plus tôt, il y a encore des risques de gel sur les jeunes plants, plus tard, en mai ou juin, la sécheresse et la chaleur pourrait sécher les arbres nouvellement implantés.

Pour supporter la sécheresse, il faut prévoir un arrosage les 2 premières années, depuis le mois d’avril jusqu’aux pluies d’automne. A raison de 50 L / semaine / arbre, les jeunes plants pourront former de nouvelles racines rapidement et résister d’eux même aux fortes chaleurs.

Préparer le sol avant le la plantation est indispensable dans les sols pauvres et caillouteux où on plante généralement les oliviers. Il faut travailler le sol en surface, faire des sillons plus profonds sur les rangs, creuser des trous d’environ 1 m de profondeur, enterrer l’arbre bien en dessous du collet. Apporter également du phosphore et des engrais liquides pour une bonne reprise des racines

Après plantation, surveiller les nouvelles pousses et les attaques de phytophages, comme les chenilles de pyrale du jasmin ou de coléoptères otiorrhynques. Ces deux insectes mangent les jeunes feuilles et les bourgeons terminaux et ralentissent la croissance des arbres.

L’arrosage des oliviers

L’olivier est un arbre bien adapté à la sécheresse, mais comme toute plante, il produira plus de fruits s’il a de l’eau en suffisance. L’eau est la base de la nutrition des plantes, elle est indispensable à la croissance, à la floraison, à la fructification et à l’élaboration de l’huile dans les fruits.

irrigation de l'olivierSi l’hiver est sec, il faut débuter l’irrigation dès le début avril. En intervenant aussi tôt en saison, on augmente les chances de production. En effet, une fleur bien formée, bien hydratée donnera plus facilement un fruit qu’une fleur sèche ou qui ne s’ouvre pas et sèche au stade bouton !

Il faut maintenir cette hydratation pendant toute la présence des fleurs et pendant la nouaison  (formation du jeune fruit). Les quantités sont variables selon la taille des arbres et l’état de sécheresse mais en moyenne entre 50 et 80 L /arbre / semaine en ce début de saison.

L’irrigation peut être assistée, par goutte-à-goutte, aérien ou enterré, par micro-aspersion, mais également par inondation ou à la raie. La fertirrigation peut aussi être appliquée sur l’olivier, comme sur les autres arbres fruitiers.

Calendrier d’entretien des oliviers

Comme tout arbre fruitier, l’olivier demande de l’entretien et une attention tous les ans renouvelés. Selon les maladies, les ravageurs, les étapes essentielles d’entretien,  les périodes d’intervention sont tous les ans à peu près les mêmes. Le tableau suivant vous donne mois par mois, les actions et observations à faire sur l’olivier :

janvier : préparation de la fertilisation (calculs et commande des engrais)

février : apport d’engrais, de compost, de fumiers – traitement au cuivre contre l’oeil de paon

mars : taille – observation des foyers de cochenilles ou d’autres ravageurs hivernants dans l’olivier – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire

avril : broyage herbe – début de l’irrigation si hiver sec – apport d’engrais potassique – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire – observation et traitements des xylophages sur jeunes arbres (pyrale du jasmin, otiorrhynque…)

mai : irrigation si nécessaire – traitement contre la teigne si nécessaire

juin : irrigation – mise en place du piégeage contre la mouche de l’olive et traitements sur les olives précoces – broyage de l’herbe, ou passage de griffes ou disques, enfouissement engrais vert

juillet : irrigation – suivi de la mouche et traitements si nécessaire

août : irrigation – suivi de la mouche et traitements – traitement contre la cochenille si nécessaire

septembre : irrigation si nécessaire – suivi de la mouche et traitements – apport d’engrais – traitements contre l’oeil de paon si nécessaire

octobre : broyage d e l’herbe ou passage d’une griffe avant la récolte – traitements contre la mouche pour les variétés tardives

novembre : récolte

décembre : fin de récolte – apport de matière organique au sol

Tailler son olivier pour une production

P1010277A partir de mi-février, quand plus aucun gel n’est annoncé, on peut tailler son ou ses oliviers. On peut tailler jusqu’en avril ou même mai, l’olivier supportera très bien. Il faut tailler tous les ans ou tous les 2 ans au maximum.

Le principe est assez simple : dégager l’interieur mais en laissant quand même quelques pousses pour une restructuration future et un « chapeau » en haut pour limiter les brûlures sur charpentières, former un cylindre à l’extérieur pour que les branches hautes ne fassent pas d’ombre sur les branches du bas. Rabattre à la hauteur de récolte.

En pratique, c’est plus compliqué !!! N’hésitez pas sur les vieux arbres à enlever des charpentières s’il y a trop de gros bois par rapport au feuillage : cela fera des « trous » mais qui se combleront avec du petit bois porteur de fruits.

Pour une production dans l’année, n’enlevez pas plus de 20% du feuillage initial !

La maladie de l’oeil de paon

La maladie de l’oeil de paon est la maladie la plus répandue sur les oliviers en France. Elle se présente par des taches circulaires, bien rondes sur la face supérieure des feuilles, s’accroissant en anneau autour du point de pénétration du champignon, d’où son nom ! Les taches sont de couleur d’abord sombres, noires, gris-foncé, puis virent au jaune, rouge, orangé…Quand la feuille est trop atteinte, elle chute, d’où une défoliation parfois importante certaines années humides. Il ne va rester sur le rameau que les jeunes pousses de l’année non encore atteintes.

Cette maladie est due à un champignon qui se développe sous des T° douces (entre 9 et 22°C) et par temps humide. Ces périodes de développement sont le printemps et l’automne, mais selon les années, il peut encore se développer en décembre ou en juillet. Les pluies emmènent les spores du champignon de la feuille supérieure de la feuille sur laquelle il est implanté sur de nouvelles feuilles et la contamination se propage ainsi de feuilles en feuilles à chaque nouvelle pluie.

oeil de paonDeux types de produits existent pour contrer cette maladie : un produit curatif (autorisé uniquement pour les professionnels) et des produits préventifs dont le cuivre est le plus connu. Comme son mode d’action le dit, c’est un produit préventif, à positionner avant la contamination pour protéger les feuilles encore saines. Donc d’une façon pas très logique, il faut traiter avant les pluies contaminatrices, même si le produit sera lessivé par la pluie ! Comme une crème solaire qu’il faut renouveler car le soleil dégrade la protection !

Attention toutefois de ne pas traiter toutes les semaines avec ce produit bien connu et très ancien. Le cuivre est toxique pour la vie du sol, donc on limite son application aux arbres et parties qui en ont besoin : pas besoin de badigeonner le tronc ou de peindre les arbres en bleu ! Et respectez les doses prescrites. Deux à trois traitements par an suffisent.

Dès que vous utilisez un produit, même bio, protégez vous

Engrais et olivier

En février, c’est l’époque d’apporter à l’olivier de quoi se nourrir pour les premiers mois de l’année. L’olivier n’a pas besoin de beaucoup de nourriture pour vivre, il peut se contenter de ce qu’il trouve dans le sol même si depuis de nombreuses années, aucune fertilisation n’est apportée. Mais dans ce cas, ne lui demandez de produire tous les ans avec beaucoup d’olives  !

Pour qu’un olivier produise, il faut lui apporter de l’eau et des engrais, surtout dans les sols pauvres et secs sur lesquels les oliviers sont souvent implantés. En quantité annuelle, l’arbre aura compostbesoin de : azote (N) 100 U ou 400 g/arbre, phosphore (P) 50 U ou 200 g/arbre, potasse (K) 100 U ou 400 g/arbre, magnésium (Mg) 25 U ou 100 g/arbre + des oligoéléments essentiels en petite quantité (Bore, Manganèse, Zinc, Fer).

Pour apporter ces éléments à l’olivier, on utilise des engrais, disponibles dans toutes jardineries ou distributeur professionnel. Il y a les engrais minéraux, qui peuvent contenir uniquement les 3 principaux éléments (NPK+Mg), ou des engrais plus complets avec des oligo-éléments, également des engrais organiques souvent plus complets car issus de fumiers, compost.. mais souvent moins dosés en éléments. Les produits dosés en azoté < 3% ne sont pas considérés comme des engrais mais comme des amendements.

Ces engrais doivent être apportés tous les ans, légèrement au delà de la frondaison des arbres pour que la pluie puisse dissoudre les granulés et c’est la zone de présence des racines assimilatrices. On doit les apporter en plusieurs fois, en mars, avril, encore en mai s’il est pluvieux et encore une petite quantité en septembre.

N’oubliez pas d’apporter également de la « nourriture » au sol, sous forme de déchets verts, compost, grignons d’olives, fumier peu pailleux…. ça s’appelle de la matière organique et ça permet au sol de vivre et de jouer son rôle nourricier et décomposeur.

Le cycle de l’olivier

L’olivier a un cycle de développement de 2 ans, contrairement aux autres arbres fruitiers ou à la vigne qui ont des cycles annuels. En effet, vous l’avez remarqué, l’olivier ne perd pas ses feuilles en hiver, même s’il observe un repose hivernal dès que les T° sont en dessous de 9°C pendant plusieurs jours.

Une année, l’olivier va faire des pousses et du bois; l’année suivante, il va produire des fruits sur les pousses qu’il a fait l’année précédente. En raison d’une production tous les 2 ans, on dit que l’olivier « alterne ».

L’entretien de l’olivier est donc différent des autres arbres fruitiers, puisque si vous pratiquez une taille sévère tous les ans, vous n’aurez pas beaucoup d’olives. Ainsi, on peut tailler les oliviers tous les 2 ans sans problème, encore faut-il tomber sur la bonne année. Pour cela, il faut observer l’arbre pendant 3 ans et voir quelle est l’année de forte production et tailler l’arbre au printemps suivant.

On peut toutefois réduire cette alternance, en taillant doucement tous les ans et en fertilisant correctement l’arbre ou le verger.

Pendant l’hiver (janvier-fevrier), se déroule une étape importante de la vie de l’olivier : l‘initiation florale (l’induction florale ayant lieu en juillet). Les fleurs se développeront sur le bois de l’année précédente.

C’est une des raison pour laquelle il ne faut pas tailler les oliviers en hiver (mais aussi à cause du gel). De plus, les oliviers récoltés très tard (février-mars) vont fortement alternés car pendant l’induction florale, ils portent encore des fruits.

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Les gouts de l’huile d’olive

Les olives sont bientôt mûres, il faut penser à la récolte. Mais c’est quoi des olives mûres ?

 Ce sont des olives qui ont un taux d’huile suffisant pour obtenir de l’huile mais pas que ! Selon la date de récolte et la variété des olives, on peut obtenir différents goûts que l’on appelle des fruités. Autant dire qu’une huile fruitée ne veut rien dire, elles sont toutes fruitées !! Trois grands types de fruité sont définis sur les olives françaises :

– le fruité vert ou intense : comme son nom l’indique, il a des arômes de verdure et est ardent (c’est-à-dire piquant). Souvent l’amertume l’accompagne aussi. Ce fruité est obtenu par trituration d’olives tournantes, c’est-à-dire entre vertes et violettes, dans les 2 jours qui suivent la récolte. Le goût du fruit vert est ainsi préservé et on obtient dans l’huile, des arômes de feuilles, herbe fraiche, feuille d’artichaut cru, foin frais, basilic, menthe…mais aussi des arrières goûts de fruits comme la  pomme, la banane verte, l’amande, le pamplemousse….

– le fruité mûr ou goût subtil est obtenu par trituration dans les 2 jours qui suivent la récolte d’olives noires. Les arômes sont moins intenses, plus subtils, avec des notes de fruits (pomme, banane, tomate, rose…), de fruits secs ou frais comme la noix, la noisette, l’amande, de fleurs, de beurre frais….Certaines variétés ne donnent que ce genre de fruité, même récoltées tournantes, c’est le cas de l’Olivière.

– le fruité noir ou goût à l’ancienne est obtenu par fermentation contrôlée d’olives noires ou tournantes, afin d’obtenir des arômes de fruits confits, de cacao, de pain au levain, d’olives noires confites, de sous-bois, de vanille, de propolis…. Les huiles ont perdu leur amertume et leur piquant, elles sont douces et restent longtemps en bouche. Elles accompagnent bien les salades.

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Les insectes utiles ou auxiliaires sur l’olivier

L’olivier est un refuge pour beaucoup d’insectes, pas tous mauvais pour la production heureusement ! Certains sont même très utiles à la culture puisqu’ils enlèvent des ravageurs en les mangeant ou en les parasitant.

L’article suivant vous indique les principaux insectes retrouvés en verger d’olivier et qui sont utiles à la culture. Une affiche vous indique dans quelles plantes environnantes vous pouvez les retrouver.

Les oiseaux insectivores type mésanges sont également très utiles à certaines périodes de l’année pour prélever des ravageurs qui serviront de nourriture aux oisillons. Les chauve-souris se nourrissent aussi au crépuscule des insectes volants dans les vergers. Et n’oublions pas toute la faune du sol qui mange également des insectes qui tombent au sol.

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La teigne de l’olivier

En septembre, on peut observer des chutes d’olives non infestées par la mouche de l’olive. Ces olives sont vertes, en apparence intactes et indemnes de trous. Et pourtant elles sont tombées !

Outre une chute physiologique due à la sécheresse, l’olivier ne fait pas tomber les olives sans raison ! Observez donc bien ces olives et vous verrez qu’elles ont un petit trou au niveau du pédoncule qui lui est resté sur l’arbre !

Cette chute de fruits est due à la teigne de l’olivier, la dernière génération de l’année. Les larves sont rentrées dans le fruit en juillet, quand le fruit était encore petit et le noyau mou. Elles sont allées directement dans le noyau et ont mangé pendant l’été l’embryon de l’olive. En septembre, elles ressortent par le trou par lequel elles sont rentrées et vont se transformer en chrysalide au sol. Malheureusement, elles sont un peu plus grosses qu’à l’aller et le trou au niveau du pédoncule doit être agrandi. D’où la chute des olives car le pédoncule est plus fragile.

Il est trop tard pour effectuer une intervention contre ce ravageur à cette période de l’année. Il faudra estimer la quantité de fruits tombés au sol et se rappeler que les traitements n’ont lieu que sur la génération printanière qui s’attaque aux boutons floraux !

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Dégâts de la teigne de l'olivier sur une inflorescence

Dégâts de la teigne de l’olivier sur une inflorescence