Les maladies sur les jeunes oliviers

Vos jeunes oliviers sont plantés, vous les arrosez régulièrement. Il faut maintenant surveiller leur développement. Pour cela, vous allez observer la sortie de petites feuilles bien vertes et bien tendres…..qui vont faire le bonheur d’une petite chenille !

pyraleLa pyrale du jasmin est un papillon blanc-beige dont la chenille adore les jeunes pousses de l’olivier. Les dégâts ainsi que la chenille sont bien caractéristiques : la chenille est verte, de la même couleur que la feuille d’olivier, et elle forme une dentelle de feuilles.

Un autre insecte qui s’attaque aux jeunes est un coléoptère, très noir, qui découpe les feuilles par les bordures. On le voit peu, car il vit la nuit sur les oliviers et redescend la journée au sol. On l’empêche de monter sur l’arbre en mettant de la glue sur le tronc et le tuteur de l’arbre.

Sur les jeunes troncs, il faut se méfier des lapins ou autres rongeurs, qui grignotent l’écorce des oliviers et les freinent dans leur développement. Une petite protection en bas des troncs suffit pour éloigner les dents aiguisées des lapins !

Enfin, une maladie provenant d’un champignon du sol peut provoquer un dépérissement des jeunes arbres. Les symptômes de dessèchement apparaissent entre la 2nde et la 8ème année après la plantation. Peu de solutions à cette maladie, sauf de limiter l’irrigation, la fertilisation et avant tout, éviter de planter dans des terrains hébergeant le champignon (fruitiers à noyaux, luzerne…).

Comment planter son olivier ?

La plantation des oliviers a lieu de préférence en mars et en avril. Plus tôt, il y a encore des risques de gel sur les jeunes plants; plus tard, en mai ou juin, la sécheresse et la chaleur pourraient sécher les arbres nouvellement implantés.

Préparez le sol est indispensable dans les sols pauvres et caillouteux où on implante généralement les oliviers. Il faut travailler le sol en surface, apporter une bonne quantité plantationde compost de déchets verts l’automne précédent la plantation, faire des sillons plus profonds sur les rangs ou creuser des trous d’environ 1 m de profondeur, enterrer l’arbre bien en dessous du collet. Apporter également du phosphore et des engrais liquides pour une bonne reprise des racines

Pour supporter la sécheresse, il faut prévoir un arrosage les 2 premières années, depuis le mois d’avril jusqu’aux pluies d’automne. A raison de 50 L / semaine / arbre, les jeunes plants pourront former de nouvelles racines rapidement et résister d’eux même aux fortes chaleurs.

Préférez les variétés locales à planter, elles résisteront mieux aux conditions climatiques et aux sols de nos régions. Espacez vos oliviers d’au moins 7m, voire 8m pour certaines variétés très poussantes comme l’Olivière ou le Cailletier. Et pensez à laisser de la place au bout de la rangée pour tourner en tracteur !

Après plantation, mettez des tuteurs assez gros coté vent et attachez les arbres avec du lien flexible en tissu. Puis surveillez l’apparition de nouvelles pousses qui seront la preuve d’une reprise des oliviers.

Pour vos oliviers en pots, c’est pareil : prenez un pot très grand car les racines de l’olivier s’étalent, plantez le assez profond et apportez engrais et « poussracines » .

Comment et quand tailler son olivier

tailleP1010277On peut tailler son ou ses oliviers toute l’année. Cela dépend de l’intensité de la taille que l’on veut appliquer sur ses arbres. Pour une taille douce, on peut débuter dès décembre. Pour une taille plus sévère, commencez en mars. On peut tailler jusqu’en avril ou même mai, l’olivier supportera très bien. Il faut tailler tous les ans ou tous les 2 ans au maximum.

Le principe est assez simple : dégager l’intérieur de l’arbre mais en laissant quand même quelques pousses pour une restructuration future et un « chapeau » en haut pour limiter les brûlures sur charpentières, former un cylindre à l’extérieur pour que les branches hautes ne fassent pas d’ombre sur les branches du bas. Rabattre à la hauteur de récolte.

En pratique, c’est plus compliqué !!! N’hésitez pas sur les vieux arbres à enlever des charpentières s’il y a trop de gros bois par rapport au feuillage : cela fera des « trous » mais qui se combleront avec du petit bois porteur de fruits.

Il vaut mieux une taille douce annuelle qu’une forte taille tous les 3 ans !

Fertiliser son olivier : aider le sol à le nourrir !

En février, c’est l’époque d’apporter à l’olivier de quoi se nourrir et démarrer l’année sur de bonnes bases. L’olivier n’a pas besoin de beaucoup de nourriture pour vivre, il peut se contenter de ce qu’il trouve dans le sol même si depuis de nombreuses années, aucune fertilisation n’est apportée. Mais dans ce cas, ne lui demandez de produire tous les ans des olives  !

Comme toute plante, l’olivier est dépendasolnt du sol dans lequel il pousse. Ce sol lui sert de support et d’ancrage, mais également de source de nourriture et d’eau. C’est banal mais c’est souvent oublié !

Un sol idéal pour l’olivier est un sol calcaire, de pH > 8, filtrant donc caillouteux ou sableux, exposé de préférence au sud, peu gélif, un peu profond.

Le sol nourrit l’arbre : il contient tous les éléments dont une plante a besoin. Outre les 3 éléments principaux azote (N), phosphore (P) et potasse (K), il apporte des éléments en moins grande quantité mais aussi indispensables à l’arbre : magnésium (Mg), fer (Fe), zinc (Zn), manganèse (Mn), bore (B)…. Un sol que l’on ne nourrit pas s’appauvrit (puisque les plantes puisent dans le sol) et ne pourra plus jouer son rôle nourricier. Il faut donc tous les ans lui apporter ce dont les oliviers ont besoin (éléments, eau) mais aussi de la matière organique pour que les micro-organismes puissent jouer leur rôle de décomposeur, dépollueur, transformateur… eh oui ! tout ça !!!

Olivarbo - Apport de grignons d'olivesLe sol abreuve l’arbre : les plantes ont besoin d’eau pour vivre et c’est encore le sol qui leur apporte cet élément essentiel. Le sol doit être un peu argileux pour garder une réserve d’eau pour les plantes, mais pas trop car l’olivier n’aime pas que ses racines soient noyées !

L’apport de nourriture : pour qu’un olivier produise, il faut donc lui apporter de l’eau et des engrais, surtout dans les sols pauvres et secs sur lesquels les oliviers sont souvent implantés. En quantité annuelle, l’arbre aura compostbesoin de : azote (N) 100 U ou 400 g/arbre, phosphore (P) 50 U ou 200 g/arbre, potasse (K) 100 U ou 400 g/arbre, magnésium (Mg) 25 U ou 100 g/arbre + des oligoéléments essentiels en petite quantité (Bore, Manganèse, Zinc, Fer).

Pour apporter ces éléments à l’olivier, on utilise des engrais, disponibles dans toutes jardineries ou distributeur professionnel. Il y a les engrais minéraux, qui peuvent contenir uniquement les 3 principaux éléments (NPK+Mg), ou des engrais plus complets avec des oligo-éléments, également des engrais organiques souvent plus complets car issus de fumiers, compost.. mais souvent moins dosés en éléments. Il existe aussi des organo-minéraux qui combinent l’apport de matières organiques et un complément chimique en éléments.

Ces engrais doivent être apportés tous les ans, en plusieurs fois, en mars, avril, encore en mai s’il est pluvieux et encore une petite quantité en septembre.

Et bien plus encore : n’oubliez pas d’apporter également de la « nourriture » au sol, sous forme de déchets verts, compost, grignons d’olives, fumier peu pailleux…. ça s’appelle de la matière organique et ça permet au sol de vivre et de jouer son rôle nourricier et décomposeur.

La fertilisation d’automne des oliviers

Vous avez apporté de l’engrais l’hiver et/ou le printemps dernier à vos oliviers. C’est très bien, mais ne vous contentez pas d’un seul apport. A l’automne, l’olivier porte encore ses fruits. Il va également faire quelques pousses.

En automne, l’olivier a donc besoin d’éléments minéraux et d’oligo-éléments pour constituer ses réserves et mieux démarrer au printemps suivant, surtout si vous tardez un peu à lui apporter les éléments dont il a besoin. En décembre, il y a également l’induction florale qui déterminera la floraison et donc la fructification de l’année suivante.

Un engrais complet, peu dosé en éléments principaux, contenant des oligo-élements doit être apporté avant une petite pluie, en septembre. Préférez un engrais organique ou organo-minéral qui aura une durée d’action plus longue qu’un engrais chimique pur.

!!! Attention de ne pas trop apporter d’azote sinon les arbres vont trop redémarrer et les 1ers gels peuvent être fatals !!!

Xyllela fastidiosa sur olivier

La bactérie Xyllela fastidiosa attaque les oliviers des Pouilles en Italie depuis une dizaine d’années. Elle provoque un dépérissement rapide des arbres atteints, qu’ils soient jeunes ou pluricentenaires. Comme beaucoup de bactéries végétales, elle se localise au niveau des vaisseaux conducteurs des arbres, bouchant ainsi les sources de nutrition des arbres, qui sèchent en partie ou totalement. Elle est très virulente et est transmise d’un arbre à un autre par des insectes qui piquent les rameaux pour se nourrir de la sève. Ces insectes pouvant être eux-même véhiculés par les hommes d’une région à une autre ! Lire la suite

Une nouvelle maladie sur l’olivier

Depuis quelques années, on voit se développer des taches sombres sur les fruits, à partir du mois de juillet ou août et jusqu’à la récolte. Cette maladie est due à une maladie appelée dalmaticose. Elle est provoquée par un champignon introduit par un insecte dans le fruit. Cet insecte, de la famille des cécidomyies, pond ses œufs dans une ponte de mouche de l’olive.

dalmaticoseLes symptômes sont très visibles sur les olives : des taches rondes, brunes à noires, sèches, bien délimitées et en dépression. En enlevant la partie brune, on peut trouver dessous la larve rose caractéristique des cécidomyie.

Le développement de la maladie est très souvent liée à la population et aux dégâts de mouches de l’olive. Les vergers traités à l’argile sont souvent moins atteint par la dalmaticose que les vergers traités par des insecticides car la couche argileuse gêne la cécidomyie pour pondre, comme la mouche.

Les traitements au cuivre ont pour le moment eu peu d’efficacité sur cette maladie, de même que les autres produits autorisés sur oliviers. En réduisant les piqûres de mouches, on réduit les dégâts de dalmaticose.

Dès que vous utilisez un produit même bio, protégez-vous.

La teigne de l’olivier : identification et lutte biologique

La teigne de l’olivier est un lépidoptère, un petit papillon gris, qui s’attaque à l’olivier à différents moments de son développement. Il est moins important que la mouche, mais peut faire certaines années de gros dégâts.

Comme tout papillon, la teigne passe par un stade juvénile sous forme de chenille, et c’est cette forme qui fait tous les dégâts. Il y a 3 générations de teigne / an : une en hiver où la chenille grignote les feuilles, une au printemps sur boutons floraux et une en été dans le fruit. Certaines variétés sont plus sensibles, comme l’Aglandau mais toutes les variétés sont susceptibles d’être atteintes.

larve de teigne de l'olivier sur une feuille

larve de teigne de l’olivier sur une feuille

On observe actuellement des papillons dans les pièges. Par contre, les oliviers ayant un peu de retard, on observe les dégâts sur boutons floraux uniquement sur les vergers précoces. Les symptômes sont des fils de soie dans les inflorescences de l’olivier, ressemblant à une fine toile d’araignée sale.  Les petites chenilles pénètrent dans les boutons, mangent le pistil et les étamines de la fleur.

Cette année, la population n’est pas importante, mais il faut surveiller selon les variétés et les secteurs.

Sur certains vergers, il faut prévoir une intervention pour limiter l’action de ces chenilles et le développement des autres générations. On intervient quand les inflorescences de l’olivier sont au stade « boutons blancs », c’est-à-dire quand les boutons floraux de l’olivier commencent à blanchir, stade très éphémère, qui dure tout au plus 1 semaine. Le traitement se fait quand on a plus de 10% de feuilles minées en hiver. Il existe un produit biologique chez les distributeurs, efficace s’il est positionné juste avant le stade « boutons blancs » des fleurs et par un temps sans vent. Il faut renouveler le traitement une semaine après le premier et bien mouiller le feuillage. Les particuliers ont accès à ces produits.

Dès que vous utilisez un produit même biologique, protégez-vous

Entretien de l’olivier mois par mois

Comme tout arbre fruitier, l’olivier demande de l’entretien et une attention tous les ans renouvelés. Selon les maladies, les ravageurs, la pousse des arbres, la production, les aléas climatiques,  les interventions peuvent être tous les ans les mêmes ou au contraire bien différentes. Le tableau suivant vous donne mois par mois, les actions et les observations essentielles à faire sur l’olivier :

janvier : préparation de la fertilisation (calculs et commande des engrais) et travail du sol

février : apport d’engrais, de compost, de fumiers – traitement au cuivre contre l’oeil de paon – début de la taille

mars : taille – observation des foyers de cochenilles ou d’autres ravageurs hivernants dans l’olivier (rameaux secs…) – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire

avril : broyage herbe – début de l’irrigation si hiver sec – apport d’engrais potassique – observation et traitements des xylophages sur jeunes arbres (pyrale du jasmin, otiorrhynque…)

mai : irrigation si nécessaire – traitement contre la teigne si nécessaire

juin : irrigation – mise en place du piégeage contre la mouche de l’olive et traitements sur les olives précoces – broyage de l’herbe, ou passage de griffes ou disques, enfouissement engrais vert

juillet : irrigation – suivi de la mouche et traitements si nécessaire

août : irrigation – suivi de la mouche et traitements – traitement contre la cochenille si nécessaire – observation et traitement contre la pyrale du jasmin sur jeune verger

septembre : irrigation si nécessaire – suivi de la mouche et traitements – apport d’engrais – traitements contre l’oeil de paon si nécessaire – récoltes des olives de table vertes précoces

octobre : broyage d e l’herbe ou passage d’une griffe avant la récolte – traitements contre la mouche pour les variétés tardives – récolte des olives de table vertes tardives – début de récolte olives à huile précoces

novembre : récolte

décembre : fin de récolte – apport de matière organique au sol

Le développement annuel de l’olivier

olivierL’olivier a un cycle de développement de 2 ans, contrairement aux autres arbres fruitiers ou à la vigne qui ont des cycles annuels. En effet, vous l’avez remarqué, l’olivier ne perd pas ses feuilles en hiver, même s’il observe un repose hivernal dès que les T° sont en dessous de 9°C pendant plusieurs jours.

Une année, l’olivier va faire des pousses et du bois; l’année suivante, il va produire des fruits sur les pousses qu’il a fait l’année précédente. En raison d’une production tous les 2 ans, on dit que l’olivier « alterne ».

L’entretien de l’olivier est donc différent des autres arbres fruitiers, puisque si vous pratiquez une taille sévère tous les ans, vous n’aurez pas beaucoup d’olives. Ainsi, on peut tailler les oliviers tous les 2 ans sans problème, encore faut-il tomber sur la bonne année. Pour cela, il faut observer l’arbre pendant 3 ans et voir quelle est l’année de forte production et tailler l’arbre au printemps suivant.

On peut toutefois réduire cette alternance, en taillant doucement tous les ans et en fertilisant correctement l’arbre ou le verger.

Pendant l’hiver (janvier-fevrier), se déroule une étape importante de la vie de l’olivier : l‘initiation florale (l’induction florale ayant lieu en juillet). Les fleurs se développeront sur le bois de l’année précédente.

C’est une des raison pour laquelle il ne faut pas tailler les oliviers en hiver (mais aussi à cause du gel). De plus, les oliviers récoltés très tard (février-mars) vont fortement alternés car pendant l’induction florale, ils portent encore des fruits.