L’arrosage des oliviers

L’olivier est un arbre bien adapté à la sécheresse, mais comme toute plante, il produira plus de fruits s’il a de l’eau en suffisance. L’eau est la base de la nutrition des plantes, elle est indispensable à la croissance, à la floraison, à la fructification et à l’élaboration de l’huile dans les fruits.

irrigation de l'olivierSi l’hiver est sec, il faut débuter l’irrigation dès le début d’avril. En intervenant aussi tôt en saison, on augmente les chances de production. En effet, une fleur bien formée, bien hydratée donnera plus facilement un fruit qu’une fleur sèche ou qui ne s’ouvre pas et sèche au stade bouton !

Il faut maintenir cette hydratation pendant toute la présence des fleurs et pendant la nouaison  (formation du jeune fruit). Les quantités sont variables selon la taille des arbres et l’état de sécheresse mais en moyenne entre 50 et 80 L /arbre / semaine en ce début de saison.

L’irrigation peut être faite par goutte-à-goutte, aérien ou enterré, par micro-aspersion, mais également par inondation ou à la raie ou au canon. Chaque technique a ses avantages et ses inconvénients, mais quand vous prévoyez un système d’arrosage, réfléchissez bien à tous les paramètres : pente, distances, filtration, puissance des pompes, débit, ressource en eau, consommation d’eau, d’électricité, passage de sangliers, de tracteurs ou d’outils d’entretien du sol…. La fertirrigation peut aussi être appliquée sur l’olivier, comme sur les autres arbres fruitiers.

Les maladies sur les jeunes oliviers

Vos jeunes oliviers sont plantés, vous les arrosez régulièrement. Il faut maintenant surveiller leur développement. Pour cela, vous allez observer la sortie de petites feuilles bien vertes et bien tendres…..qui vont faire le bonheur d’une petite chenille !

pyraleLa pyrale du jasmin est un papillon blanc-beige dont la chenille adore les jeunes pousses de l’olivier. Les dégâts ainsi que la chenille sont bien caractéristiques : la chenille est verte, de la même couleur que la feuille d’olivier, et elle forme une dentelle de feuilles.

Un autre insecte qui s’attaque aux jeunes est un coléoptère, très noir, qui découpe les feuilles par les bordures. On le voit peu, car il vit la nuit sur les oliviers et redescend la journée au sol. On l’empêche de monter sur l’arbre en mettant de la glue sur le tronc et le tuteur de l’arbre.

Sur les jeunes troncs, il faut se méfier des lapins ou autres rongeurs, qui grignotent l’écorce des oliviers et les freinent dans leur développement. Une petite protection en bas des troncs suffit pour éloigner les dents aiguisées des lapins !

Enfin, une maladie provenant d’un champignon du sol peut provoquer un dépérissement des jeunes arbres. Les symptômes de dessèchement apparaissent entre la 2nde et la 8ème année après la plantation. Peu de solutions à cette maladie, sauf de limiter l’irrigation, la fertilisation et avant tout, éviter de planter dans des terrains hébergeant le champignon (fruitiers à noyaux, luzerne…).

Comment planter son olivier ?

La plantation des oliviers a lieu de préférence en mars et en avril. Plus tôt, il y a encore des risques de gel sur les jeunes plants; plus tard, en mai ou juin, la sécheresse et la chaleur pourraient sécher les arbres nouvellement implantés.

Préparez le sol est indispensable dans les sols pauvres et caillouteux où on implante généralement les oliviers. Il faut travailler le sol en surface, apporter une bonne quantité plantationde compost de déchets verts l’automne précédent la plantation, faire des sillons plus profonds sur les rangs ou creuser des trous d’environ 1 m de profondeur, enterrer l’arbre bien en dessous du collet. Apporter également du phosphore et des engrais liquides pour une bonne reprise des racines

Pour supporter la sécheresse, il faut prévoir un arrosage les 2 premières années, depuis le mois d’avril jusqu’aux pluies d’automne. A raison de 50 L / semaine / arbre, les jeunes plants pourront former de nouvelles racines rapidement et résister d’eux même aux fortes chaleurs.

Préférez les variétés locales à planter, elles résisteront mieux aux conditions climatiques et aux sols de nos régions. Espacez vos oliviers d’au moins 6m, voire 8m pour certaines variétés très poussantes comme l’Olivière ou le Cailletier. Et pensez à laisser de la place au bout de la rangée pour tourner en tracteur !

Après plantation, mettez des tuteurs assez gros coté vent et attachez les arbres avec du lien flexible en tissu. Puis surveillez l’apparition de nouvelles pousses qui seront la preuve d’une reprise des oliviers.

Comment et quand tailler son olivier

tailleP1010277A partir de mi-février, quand plus aucun gel n’est annoncé, on peut tailler son ou ses oliviers. On peut tailler jusqu’en avril ou même mai, l’olivier supportera très bien. Il faut tailler tous les ans ou tous les 2 ans au maximum.

Le principe est assez simple : dégager l’intérieur de l’arbre mais en laissant quand même quelques pousses pour une restructuration future et un « chapeau » en haut pour limiter les brûlures sur charpentières, former un cylindre à l’extérieur pour que les branches hautes ne fassent pas d’ombre sur les branches du bas. Rabattre à la hauteur de récolte.

En pratique, c’est plus compliqué !!! N’hésitez pas sur les vieux arbres à enlever des charpentières s’il y a trop de gros bois par rapport au feuillage : cela fera des « trous » mais qui se combleront avec du petit bois porteur de fruits.

Il vaut mieux une taille douce annuelle qu’une forte taille tous les 3 ans !

Fertiliser son olivier : utilisation du sol et des engrais

Fin février, c’est l’époque d’apporter à l’olivier de quoi se nourrir. L’olivier n’a pas besoin de beaucoup de nourriture pour vivre, il peut se contenter de ce qu’il trouve dans le sol même si depuis de nombreuses années, aucune fertilisation n’est apportée. Mais dans ce cas, ne lui demandez de produire tous les ans avec beaucoup d’olives  !

Comme toute plante, l’olivier est dépendasolnt du sol dans lequel il pousse. Ce sol lui sert de support et d’ancrage, mais également de source de nourriture et d’eau. C’est banal mais c’est souvent oublié !

Un sol idéal pour l’olivier est un sol calcaire, de pH > 8, filtrant donc caillouteux ou sableux, exposé de préférence au sud, peu gélif, un peu profond.

Le sol nourrit l’arbre : il contient tous les éléments dont une plante a besoin. Outre les 3 éléments principaux azote (N), phosphore (P) et potasse (K), il apporte des éléments en moins grande quantité mais aussi indispensables à l’arbre : magnésium (Mg), fer (Fe), zinc (Zn), manganèse (Mn), bore (B)…. Un sol que l’on ne nourrit pas s’appauvrit (puisque les plantes puisent dans le sol) et ne pourra plus jouer son rôle nourricier. Il faut donc tous les ans lui apporter ce dont les oliviers ont besoin (éléments, eau) mais aussi de la matière organique pour que les micro-organismes puissent jouer leur rôle de décomposeur, dépollueur, transformateur… eh oui ! tout ça !!!

Olivarbo - Apport de grignons d'olivesLe sol abreuve l’arbre : les plantes ont besoin d’eau pour vivre et c’est encore le sol qui leur apporte cet élément essentiel. Le sol doit être un peu argileux pour garder une réserve d’eau pour les plantes, mais pas trop car l’olivier n’aime pas que ses racines soient noyées !

L’apport de nourriture : pour qu’un olivier produise, il faut donc lui apporter de l’eau et des engrais, surtout dans les sols pauvres et secs sur lesquels les oliviers sont souvent implantés. En quantité annuelle, l’arbre aura compostbesoin de : azote (N) 100 U ou 400 g/arbre, phosphore (P) 50 U ou 200 g/arbre, potasse (K) 100 U ou 400 g/arbre, magnésium (Mg) 25 U ou 100 g/arbre + des oligoéléments essentiels en petite quantité (Bore, Manganèse, Zinc, Fer).

Pour apporter ces éléments à l’olivier, on utilise des engrais, disponibles dans toutes jardineries ou distributeur professionnel. Il y a les engrais minéraux, qui peuvent contenir uniquement les 3 principaux éléments (NPK+Mg), ou des engrais plus complets avec des oligo-éléments, également des engrais organiques souvent plus complets car issus de fumiers, compost.. mais souvent moins dosés en éléments. Il existe aussi des organo-minéraux qui combinent l’apport de matières organiques et un complément chimique en éléments.

Ces engrais doivent être apportés tous les ans, en plusieurs fois, en mars, avril, encore en mai s’il est pluvieux et encore une petite quantité en septembre.

Et bien plus encore : n’oubliez pas d’apporter également de la « nourriture » au sol, sous forme de déchets verts, compost, grignons d’olives, fumier peu pailleux…. ça s’appelle de la matière organique et ça permet au sol de vivre et de jouer son rôle nourricier et décomposeur.

Entretien de l’olivier mois par mois

Comme tout arbre fruitier, l’olivier demande de l’entretien et une attention tous les ans renouvelés. Selon les maladies, les ravageurs, la pousse des arbres, la production, les aléas climatiques,  les interventions peuvent être tous les ans les mêmes ou au contraire bien différentes. Le tableau suivant vous donne mois par mois, les actions et les observations essentielles à faire sur l’olivier :

janvier : préparation de la fertilisation (calculs et commande des engrais) et travail du sol

février : apport d’engrais, de compost, de fumiers – traitement au cuivre contre l’oeil de paon – début de la taille

mars : taille – observation des foyers de cochenilles ou d’autres ravageurs hivernants dans l’olivier (rameaux secs…) – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire

avril : broyage herbe – début de l’irrigation si hiver sec – apport d’engrais potassique – observation et traitements des xylophages sur jeunes arbres (pyrale du jasmin, otiorrhynque…)

mai : irrigation si nécessaire – traitement contre la teigne si nécessaire

juin : irrigation – mise en place du piégeage contre la mouche de l’olive et traitements sur les olives précoces – broyage de l’herbe, ou passage de griffes ou disques, enfouissement engrais vert

juillet : irrigation – suivi de la mouche et traitements si nécessaire

août : irrigation – suivi de la mouche et traitements – traitement contre la cochenille si nécessaire – observation et traitement contre la pyrale du jasmin sur jeune verger

septembre : irrigation si nécessaire – suivi de la mouche et traitements – apport d’engrais – traitements contre l’oeil de paon si nécessaire – récoltes des olives de table vertes précoces

octobre : broyage d e l’herbe ou passage d’une griffe avant la récolte – traitements contre la mouche pour les variétés tardives – récolte des olives de table vertes tardives – début de récolte olives à huile précoces

novembre : récolte

décembre : fin de récolte – apport de matière organique au sol

La dégustation des huiles d’olive

moulinprsiteL’huile d’olive se déguste de la même façon qu’un vin : d’abord au nez puis en bouche.

A savoir : l’huile d’olive se déguste de 27°C, dans des verres bleus car, contrairement aux vins, la couleur et l’onctuosité ne sont pas des critères de dégustation !

On commence donc par sentir l’huile, les arômes qui s’en dégagent, les notes de verdure ou de fruits ou de sous-bois….

Puis on goute : comme pour le vin, on aère l’huile dès qu’elle est en bouche pour les arômes volatiles. Puis on crache l’huile pour noter les arrières-gouts et la longueur en bouche des arômes.

Les huiles d’olives peuvent avoir différents arômes, classés en 3 grandes catégories :

– les arômes de verdure (herbe, feuille, foin frais, artichaut cru, eucalyptus, figuier, menthe, basilic….) sont caractéristiques d’un fruité intense ou vert, associé souvent à du piquant et à de l’amertume.

– les arômes de fruits frais (pomme, banane, pamplemousse, poire, pêche, cerise…), de fruits secs (amande, noisette, noix…) ou de fleurs (rose, genêt, pissenlit…) sont contenus dans une huile de fruité subtil ou mûr, le piquant et l’amertume étant faibles dans ces huiles dites douces.

le fruité à l’ancienne, issu d’olives fermentées contrôlées, aura des arômes de pain au levain, cacao, fruits confits, sous-bois, vanille, pruneau….il n’y a plus de piquant et d’amertume dans ces huiles.

Chaque type d’huile sera associé à des plats pour en sublimer les arômes. Ainsi, les fruités verts saurondegustation=-enqueteexclusiv-pieges-a-touris-t donné de la fraicheur à un poisson en papillotte, aux pâtes, riz, plat de pois-chiches, ratatouille mais aussi sur des fraises ou avec du chocolat. Le fruité mûr sera associé à des desserts comme la glace à la vanille ou à l’amande, la pompe à huile, financiers ou un poisson maigre. Le fruité à l’ancienne accompagnera toutes les salades, vertes ou composées, endives ou artichaut crus ou cuits, ratatouille, piperade, tian.

Bonne dégustation

Le développement annuel de l’olivier

olivierL’olivier a un cycle de développement de 2 ans, contrairement aux autres arbres fruitiers ou à la vigne qui ont des cycles annuels. En effet, vous l’avez remarqué, l’olivier ne perd pas ses feuilles en hiver, même s’il observe un repose hivernal dès que les T° sont en dessous de 9°C pendant plusieurs jours.

Une année, l’olivier va faire des pousses et du bois; l’année suivante, il va produire des fruits sur les pousses qu’il a fait l’année précédente. En raison d’une production tous les 2 ans, on dit que l’olivier « alterne ».

L’entretien de l’olivier est donc différent des autres arbres fruitiers, puisque si vous pratiquez une taille sévère tous les ans, vous n’aurez pas beaucoup d’olives. Ainsi, on peut tailler les oliviers tous les 2 ans sans problème, encore faut-il tomber sur la bonne année. Pour cela, il faut observer l’arbre pendant 3 ans et voir quelle est l’année de forte production et tailler l’arbre au printemps suivant.

On peut toutefois réduire cette alternance, en taillant doucement tous les ans et en fertilisant correctement l’arbre ou le verger.

Pendant l’hiver (janvier-fevrier), se déroule une étape importante de la vie de l’olivier : l‘initiation florale (l’induction florale ayant lieu en juillet). Les fleurs se développeront sur le bois de l’année précédente.

C’est une des raison pour laquelle il ne faut pas tailler les oliviers en hiver (mais aussi à cause du gel). De plus, les oliviers récoltés très tard (février-mars) vont fortement alternés car pendant l’induction florale, ils portent encore des fruits.

Récolte et maturité des olives

Les olives sont mûres, il faut penser à la récolte. Mais c’est quoi des olives mûres ?

 Ce sont des olives qui ont un taux d’huile suffisant pour obtenir de l’huile mais pas que ! Selon la date de récolte et la variété des olives, on peut obtenir différents goûts que l’on appelle des fruités. Autant dire qu’une huile fruitée ne veut rien dire, elles sont toutes fruitées !! Trois grands types de fruité sont définis sur les olives françaises :

le fruité vert ou intense : comme son nom l’indique, il a des arômes de verdure et est ardent (c’est-à-dire piquant). Souvent l’amertume l’accompagne aussi. Ce fruité est obtenu par trituration d’olives tournantes, c’est-à-dire des olives qui commencent à devenir violettes, dans les 2 jours qui suivent la récolte. Le goût du fruit vert est ainsi préservé et on obtient dans l’huile, des arômes de feuilles, d’herbe fraiche, de feuille d’artichaut cru, de foin frais, basilic, menthe…mais aussi des arrières goûts de fruits comme la  pomme, la banane verte, l’amande, le pamplemousse….

le fruité mûr ou goût subtil est obtenu par trituration dans les 2 jours qui suivent la récolte d’olives noires. Les arômes sont moins intenses, plus subtils, avec des notes de fruits (pomme, banane, tomate, rose…), de fruits secs ou frais comme la noix, la noisette, l’amande, de fleurs, de beurre frais….Certaines variétés ne donnent que ce genre de fruité, même récoltées tournantes, c’est le cas de l’Olivière.

Célia Gratraud Olivarbo - Vide pallox au moulin de la voie domitienne à Beaucaire

le fruité noir ou goût à l’ancienne est obtenu par fermentation contrôlée d’olives noires ou tournantes, afin d’obtenir des arômes de fruits confits, de cacao, de pain au levain, d’olives noires confites, de sous-bois, de vanille, de propolis…. Les huiles ont perdu leur amertume et leur piquant, elles sont douces et restent longtemps en bouche. Elles accompagnent bien les salades.

 Enfin pour finir : ce n’est parce que vous attendez décembre pour récolter que vous aurez plus d’huile qu’en octobre ! Mais les arômes de l’huile obtenue seront différents !

la cécidomyie des écorces de l’olivier

On observe souvent des rameaux secs à l’automne sur les oliviers. Ce dessèchement peut avoir plusieurs origines mais il est souvent du à un insecte xylophage : la cécidomyie des écorces.

cecidomyie ecorceCet insecte pond à partir du mois d’août dans les petits rameaux, au niveau de blessures du bois (chute de feuilles, bois abimé par des frottements, des éclatements…). Les larves se développent sous l’écorce, en se nourrissant du bois juste au niveau des vaisseaux conducteurs, ce qui conduit à un dessèchement des rameaux. Au niveau de la présence des larves, on observe des éclats de bois sur une fente et en soulevant l’écorce avec l’ongle, on observe une dizaine de larves roses positionnées les unes à coté des autres. Ces larves sont très caractéristiques de l’insecte.

Une méthode facile et biologique de limiter l’effet de la cécidomyie est de couper les rameaux secs dès qu’ils apparaissent et de broyer ou bruler le rameau.