Fertiliser son olivier : utilisation du sol et des engrais

Fin février, c’est l’époque d’apporter à l’olivier de quoi se nourrir. L’olivier n’a pas besoin de beaucoup de nourriture pour vivre, il peut se contenter de ce qu’il trouve dans le sol même si depuis de nombreuses années, aucune fertilisation n’est apportée. Mais dans ce cas, ne lui demandez de produire tous les ans avec beaucoup d’olives  !

Comme toute plante, l’olivier est dépendasolnt du sol dans lequel il pousse. Ce sol lui sert de support et d’ancrage, mais également de source de nourriture et d’eau. C’est banal mais c’est souvent oublié !

Un sol idéal pour l’olivier est un sol calcaire, de pH > 8, filtrant donc caillouteux ou sableux, exposé de préférence au sud, peu gélif, un peu profond.

Le sol nourrit l’arbre : il contient tous les éléments dont une plante a besoin. Outre les 3 éléments principaux azote (N), phosphore (P) et potasse (K), il apporte des éléments en moins grande quantité mais aussi indispensables à l’arbre : magnésium (Mg), fer (Fe), zinc (Zn), manganèse (Mn), bore (B)…. Un sol que l’on ne nourrit pas s’appauvrit (puisque les plantes puisent dans le sol) et ne pourra plus jouer son rôle nourricier. Il faut donc tous les ans lui apporter ce dont les oliviers ont besoin (éléments, eau) mais aussi de la matière organique pour que les micro-organismes puissent jouer leur rôle de décomposeur, dépollueur, transformateur… eh oui ! tout ça !!!

Olivarbo - Apport de grignons d'olivesLe sol abreuve l’arbre : les plantes ont besoin d’eau pour vivre et c’est encore le sol qui leur apporte cet élément essentiel. Le sol doit être un peu argileux pour garder une réserve d’eau pour les plantes, mais pas trop car l’olivier n’aime pas que ses racines soient noyées !

L’apport de nourriture : pour qu’un olivier produise, il faut donc lui apporter de l’eau et des engrais, surtout dans les sols pauvres et secs sur lesquels les oliviers sont souvent implantés. En quantité annuelle, l’arbre aura compostbesoin de : azote (N) 100 U ou 400 g/arbre, phosphore (P) 50 U ou 200 g/arbre, potasse (K) 100 U ou 400 g/arbre, magnésium (Mg) 25 U ou 100 g/arbre + des oligoéléments essentiels en petite quantité (Bore, Manganèse, Zinc, Fer).

Pour apporter ces éléments à l’olivier, on utilise des engrais, disponibles dans toutes jardineries ou distributeur professionnel. Il y a les engrais minéraux, qui peuvent contenir uniquement les 3 principaux éléments (NPK+Mg), ou des engrais plus complets avec des oligo-éléments, également des engrais organiques souvent plus complets car issus de fumiers, compost.. mais souvent moins dosés en éléments. Il existe aussi des organo-minéraux qui combinent l’apport de matières organiques et un complément chimique en éléments.

Ces engrais doivent être apportés tous les ans, en plusieurs fois, en mars, avril, encore en mai s’il est pluvieux et encore une petite quantité en septembre.

Et bien plus encore : n’oubliez pas d’apporter également de la « nourriture » au sol, sous forme de déchets verts, compost, grignons d’olives, fumier peu pailleux…. ça s’appelle de la matière organique et ça permet au sol de vivre et de jouer son rôle nourricier et décomposeur.

Entretien de l’olivier mois par mois

Comme tout arbre fruitier, l’olivier demande de l’entretien et une attention tous les ans renouvelés. Selon les maladies, les ravageurs, la pousse des arbres, la production, les aléas climatiques,  les interventions peuvent être tous les ans les mêmes ou au contraire bien différentes. Le tableau suivant vous donne mois par mois, les actions et les observations essentielles à faire sur l’olivier :

janvier : préparation de la fertilisation (calculs et commande des engrais) et travail du sol

février : apport d’engrais, de compost, de fumiers – traitement au cuivre contre l’oeil de paon – début de la taille

mars : taille – observation des foyers de cochenilles ou d’autres ravageurs hivernants dans l’olivier (rameaux secs…) – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire

avril : broyage herbe – début de l’irrigation si hiver sec – apport d’engrais potassique – observation et traitements des xylophages sur jeunes arbres (pyrale du jasmin, otiorrhynque…)

mai : irrigation si nécessaire – traitement contre la teigne si nécessaire

juin : irrigation – mise en place du piégeage contre la mouche de l’olive et traitements sur les olives précoces – broyage de l’herbe, ou passage de griffes ou disques, enfouissement engrais vert

juillet : irrigation – suivi de la mouche et traitements si nécessaire

août : irrigation – suivi de la mouche et traitements – traitement contre la cochenille si nécessaire – observation et traitement contre la pyrale du jasmin sur jeune verger

septembre : irrigation si nécessaire – suivi de la mouche et traitements – apport d’engrais – traitements contre l’oeil de paon si nécessaire – récoltes des olives de table vertes précoces

octobre : broyage d e l’herbe ou passage d’une griffe avant la récolte – traitements contre la mouche pour les variétés tardives – récolte des olives de table vertes tardives – début de récolte olives à huile précoces

novembre : récolte

décembre : fin de récolte – apport de matière organique au sol

La dégustation des huiles d’olive

moulinprsiteL’huile d’olive se déguste de la même façon qu’un vin : d’abord au nez puis en bouche.

A savoir : l’huile d’olive se déguste de 27°C, dans des verres bleus car, contrairement aux vins, la couleur et l’onctuosité ne sont pas des critères de dégustation !

On commence donc par sentir l’huile, les arômes qui s’en dégagent, les notes de verdure ou de fruits ou de sous-bois….

Puis on goute : comme pour le vin, on aère l’huile dès qu’elle est en bouche pour les arômes volatiles. Puis on crache l’huile pour noter les arrières-gouts et la longueur en bouche des arômes.

Les huiles d’olives peuvent avoir différents arômes, classés en 3 grandes catégories :

– les arômes de verdure (herbe, feuille, foin frais, artichaut cru, eucalyptus, figuier, menthe, basilic….) sont caractéristiques d’un fruité intense ou vert, associé souvent à du piquant et à de l’amertume.

– les arômes de fruits frais (pomme, banane, pamplemousse, poire, pêche, cerise…), de fruits secs (amande, noisette, noix…) ou de fleurs (rose, genêt, pissenlit…) sont contenus dans une huile de fruité subtil ou mûr, le piquant et l’amertume étant faibles dans ces huiles dites douces.

le fruité à l’ancienne, issu d’olives fermentées contrôlées, aura des arômes de pain au levain, cacao, fruits confits, sous-bois, vanille, pruneau….il n’y a plus de piquant et d’amertume dans ces huiles.

Chaque type d’huile sera associé à des plats pour en sublimer les arômes. Ainsi, les fruités verts saurondegustation=-enqueteexclusiv-pieges-a-touris-t donné de la fraicheur à un poisson en papillotte, aux pâtes, riz, plat de pois-chiches, ratatouille mais aussi sur des fraises ou avec du chocolat. Le fruité mûr sera associé à des desserts comme la glace à la vanille ou à l’amande, la pompe à huile, financiers ou un poisson maigre. Le fruité à l’ancienne accompagnera toutes les salades, vertes ou composées, endives ou artichaut crus ou cuits, ratatouille, piperade, tian.

Bonne dégustation

Le développement annuel de l’olivier

olivierL’olivier a un cycle de développement de 2 ans, contrairement aux autres arbres fruitiers ou à la vigne qui ont des cycles annuels. En effet, vous l’avez remarqué, l’olivier ne perd pas ses feuilles en hiver, même s’il observe un repose hivernal dès que les T° sont en dessous de 9°C pendant plusieurs jours.

Une année, l’olivier va faire des pousses et du bois; l’année suivante, il va produire des fruits sur les pousses qu’il a fait l’année précédente. En raison d’une production tous les 2 ans, on dit que l’olivier « alterne ».

L’entretien de l’olivier est donc différent des autres arbres fruitiers, puisque si vous pratiquez une taille sévère tous les ans, vous n’aurez pas beaucoup d’olives. Ainsi, on peut tailler les oliviers tous les 2 ans sans problème, encore faut-il tomber sur la bonne année. Pour cela, il faut observer l’arbre pendant 3 ans et voir quelle est l’année de forte production et tailler l’arbre au printemps suivant.

On peut toutefois réduire cette alternance, en taillant doucement tous les ans et en fertilisant correctement l’arbre ou le verger.

Pendant l’hiver (janvier-fevrier), se déroule une étape importante de la vie de l’olivier : l‘initiation florale (l’induction florale ayant lieu en juillet). Les fleurs se développeront sur le bois de l’année précédente.

C’est une des raison pour laquelle il ne faut pas tailler les oliviers en hiver (mais aussi à cause du gel). De plus, les oliviers récoltés très tard (février-mars) vont fortement alternés car pendant l’induction florale, ils portent encore des fruits.

Récolte et maturité des olives

Les olives sont mûres, il faut penser à la récolte. Mais c’est quoi des olives mûres ?

 Ce sont des olives qui ont un taux d’huile suffisant pour obtenir de l’huile mais pas que ! Selon la date de récolte et la variété des olives, on peut obtenir différents goûts que l’on appelle des fruités. Autant dire qu’une huile fruitée ne veut rien dire, elles sont toutes fruitées !! Trois grands types de fruité sont définis sur les olives françaises :

le fruité vert ou intense : comme son nom l’indique, il a des arômes de verdure et est ardent (c’est-à-dire piquant). Souvent l’amertume l’accompagne aussi. Ce fruité est obtenu par trituration d’olives tournantes, c’est-à-dire des olives qui commencent à devenir violettes, dans les 2 jours qui suivent la récolte. Le goût du fruit vert est ainsi préservé et on obtient dans l’huile, des arômes de feuilles, d’herbe fraiche, de feuille d’artichaut cru, de foin frais, basilic, menthe…mais aussi des arrières goûts de fruits comme la  pomme, la banane verte, l’amande, le pamplemousse….

le fruité mûr ou goût subtil est obtenu par trituration dans les 2 jours qui suivent la récolte d’olives noires. Les arômes sont moins intenses, plus subtils, avec des notes de fruits (pomme, banane, tomate, rose…), de fruits secs ou frais comme la noix, la noisette, l’amande, de fleurs, de beurre frais….Certaines variétés ne donnent que ce genre de fruité, même récoltées tournantes, c’est le cas de l’Olivière.

Célia Gratraud Olivarbo - Vide pallox au moulin de la voie domitienne à Beaucaire

le fruité noir ou goût à l’ancienne est obtenu par fermentation contrôlée d’olives noires ou tournantes, afin d’obtenir des arômes de fruits confits, de cacao, de pain au levain, d’olives noires confites, de sous-bois, de vanille, de propolis…. Les huiles ont perdu leur amertume et leur piquant, elles sont douces et restent longtemps en bouche. Elles accompagnent bien les salades.

 Enfin pour finir : ce n’est parce que vous attendez décembre pour récolter que vous aurez plus d’huile qu’en octobre ! Mais les arômes de l’huile obtenue seront différents !

La fertilisation d’automne des oliviers

Vous avez apporté de l’engrais l’hiver et/ou le printemps dernier à vos oliviers. C’est très bien, mais ne vous contentez pas d’un seul apport. A l’automne, l’olivier porte encore ses fruits. Il prélève donc du potassium du sol pour former ses fruits. Il va également faire quelques pousses : il a besoin d’un peu d’azote.

En automne, l’olivier a donc besoin de potassium (K) et d’azote (N). Il a également besoin d’oligo-éléments (bore, zinc, manganèse…) pour constituer ses réserves et mieux démarrer au printemps suivant, surtout si vous tardez un peu à lui apporter les éléments dont il a besoin. En décembre, il y a également l’induction florale qui déterminera la floraison et donc la fructification de l’année suivante.

Un engrais complet, peu dosé en éléments principaux, contenant des oligo-élements doit être apporté avant une petite pluie, en septembre. Préférez un engrais organique ou organo-minéral qui aura une durée d’action plus longue qu’un engrais chimique pur.

!!! Attention de ne pas trop apporter d’azote sinon les arbres vont trop redémarrer et les 1ers gels seront fatals !!!

la cécidomyie des écorces de l’olivier

On observe souvent des rameaux secs à l’automne sur les oliviers. Ce dessèchement peut avoir plusieurs origines mais il est souvent du à un insecte xylophage : la cécidomyie des écorces.

cecidomyie ecorceCet insecte pond à partir du mois d’août dans les petits rameaux, au niveau de blessures du bois (chute de feuilles, bois abimé par des frottements, des éclatements…). Les larves se développent sous l’écorce, en se nourrissant du bois juste au niveau des vaisseaux conducteurs, ce qui conduit à un dessèchement des rameaux. Au niveau de la présence des larves, on observe des éclats de bois sur une fente et en soulevant l’écorce avec l’ongle, on observe une dizaine de larves roses positionnées les unes à coté des autres. Ces larves sont très caractéristiques de l’insecte.

Une méthode facile et biologique de limiter l’effet de la cécidomyie est de couper les rameaux secs dès qu’ils apparaissent et de broyer ou bruler le rameau.

La teigne de l’olivier fait chuter les olives

En septembre, on peut observer des chutes d’olives non infestées par la mouche de l’olive. Ces olives sont vertes, en apparence intactes et indemnes de trous. Et pourtant elles sont tombées !

Outre une chute physiologique due à la sécheresse, l’olivier ne fait pas tomber les olives sans raison ! Observez donc bien ces olives et vous verrez qu’elles ont un petit trou au niveau du pédoncule qui lui est resté sur l’arbre !

dégatfruit_prays_rCette chute de fruits est due à la teigne de l’olivier, la dernière génération de l’année. Les larves sont rentrées dans le fruit en juillet, quand le fruit était encore petit et le noyau mou. Elles sont allées directement dans le noyau et ont mangé pendant l’été l’embryon de l’olive. En septembre, elles ressortent par le trou par lequel elles sont rentrées et vont se transformer en chrysalide au sol. Malheureusement, elles sont un peu plus grosses qu’à l’aller et le trou au niveau du pédoncule doit être agrandi. D’où la chute des olives car le pédoncule est plus fragile.

Il est trop tard pour effectuer une intervention contre ce ravageur à cette période de l’année. Il faudra estimer la quantité de fruits tombés au sol et se rappeler que les traitements n’ont lieu que sur la génération printanière qui s’attaque aux boutons floraux en avril de l’année prochaine !

pour plus de renseignements, contactez-moi

Les insectes utiles pour l’olivier et leurs plantes refuges

P1000266_crL’olivier est un refuge pour beaucoup d’insectes, pas tous mauvais pour la production heureusement ! Certains sont même très utiles à la culture puisqu’ils enlèvent des ravageurs en les mangeant ou en les parasitant.

L’article suivant vous indique les principaux insectes retrouvés en verger d’olivier et qui sont utiles à la culture. Une affiche vous indique dans quelles plantes environnantes vous pouvez les retrouver.

Les oiseaux insectivores type mésanges sont également très utiles à certaines périodes de l’année pour prélever des ravageurs qui serviront de nourriture aux oisillons. Les chauve-souris se nourrissent aussi au crépuscule des insectes volants dans les vergers. Et n’oublions pas toute la faune du sol qui mange également des insectes qui tombent au sol.

Pour plus de renseignements, contactez-moi

Le sol : élément vital pour l’olivier

Comme toute plante, l’olivier est dépendasolnt du sol dans lequel il pousse. Ce sol lui sert de support et d’ancrage, mais également de source de nourriture et d’eau. Le sol est indispensable à tout arbre. C’est banal mais c’est souvent oublié !

Un sol idéal pour l’olivier est un sol calcaire, de pH > 8, filtrant donc caillouteux ou sableux, exposé de préférence au sud, peu gélif, un peu profond. L’olivier peut cependant pousser sur des sols acides ou très argileux et riches mais il faudra prendre des mesures pour limiter l’effet de ces sols.

Le sol nourrit l’arbre : il contient tous les éléments dont une plante a besoin. Outre les 3 éléments principaux azote (N), phosphore (P) et potasse (K), il apporte des éléments en moins grande quantité mais aussi indispensables à l’arbre : magnesium (Mg), fer (Fe), zinc (Zn), manganèse (Mn), bore (B)…. Un sol que l’on ne nourrit s’appauvrit (puisque les plantes puisent dans le sol) et ne pourra à moyen terme plus jouer son rôle nourricier. Il faut donc tous les ans lui apporter ce dont les oliviers ont besoin (éléments, eau) mais aussi de la matière organique pour que les micro-organismes puissent jouer leur rôle de décomposeur, dépollueur, transformateur… eh oui ! tout ça !!!

Olivarbo - Apport de grignons d'olivesLe sol abreuve l’arbre : les plantes ont besoin d’eau pour vivre et c’est encore le sol qui leur apporte cet élément essentiel. Le sol doit être un peu argileux pour garder une réserve d’eau pour les plantes, mais pas trop car l’olivier n’aime pas que ses racines soient noyées ! Le sol calcaire abrite souvent des cavités imperméables ou des passages de nappes phréatiques dans lesquelles l’olivier peut puiser ce dont il a besoin. Mais attention : les racines les plus profondes vont jusqu’à environ 1m, donc des nappes profondes ne profitent pas à l’olivier. Il faudra l’aider un peu à certains moment de développement.

Et bien plus encore : le sol abrite des insectes qui peuvent être utiles aux arbres. Sans reparler des décomposeurs…, le sol permet à une flore variée et adaptée de se développer et ces plantes vont abriter et attirer une multitude d’insectes, d’oiseaux, d’animaux qui vont aider l’oléiculteur à limiter ses traitements et interventions dans le verger. Il faut laisser l’herbe se développer sous les oliviers pour permettre à cette flore de se développer et à agir sur d’autres secteurs comme la lutte contre l’érosion, la dégradation des produits phytosanitaires, le décompactage des sols….