Les insectes utiles pour l’olivier et leurs plantes refuges

P1000266_crL’olivier est un refuge pour beaucoup d’insectes, pas tous mauvais pour la production heureusement ! Certains sont même très utiles à la culture puisqu’ils enlèvent des ravageurs en les mangeant ou en les parasitant.

L’article suivant vous indique les principaux insectes retrouvés en verger d’olivier et qui sont utiles à la culture. Une affiche vous indique dans quelles plantes environnantes vous pouvez les retrouver.

Les oiseaux insectivores type mésanges sont également très utiles à certaines périodes de l’année pour prélever des ravageurs qui serviront de nourriture aux oisillons. Les chauve-souris se nourrissent aussi au crépuscule des insectes volants dans les vergers. Et n’oublions pas toute la faune du sol qui mange également des insectes qui tombent au sol.

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Le sol : élément vital pour l’olivier

Comme toute plante, l’olivier est dépendasolnt du sol dans lequel il pousse. Ce sol lui sert de support et d’ancrage, mais également de source de nourriture et d’eau. Le sol est indispensable à tout arbre. C’est banal mais c’est souvent oublié !

Un sol idéal pour l’olivier est un sol calcaire, de pH > 8, filtrant donc caillouteux ou sableux, exposé de préférence au sud, peu gélif, un peu profond. L’olivier peut cependant pousser sur des sols acides ou très argileux et riches mais il faudra prendre des mesures pour limiter l’effet de ces sols.

Le sol nourrit l’arbre : il contient tous les éléments dont une plante a besoin. Outre les 3 éléments principaux azote (N), phosphore (P) et potasse (K), il apporte des éléments en moins grande quantité mais aussi indispensables à l’arbre : magnesium (Mg), fer (Fe), zinc (Zn), manganèse (Mn), bore (B)…. Un sol que l’on ne nourrit s’appauvrit (puisque les plantes puisent dans le sol) et ne pourra à moyen terme plus jouer son rôle nourricier. Il faut donc tous les ans lui apporter ce dont les oliviers ont besoin (éléments, eau) mais aussi de la matière organique pour que les micro-organismes puissent jouer leur rôle de décomposeur, dépollueur, transformateur… eh oui ! tout ça !!!

Olivarbo - Apport de grignons d'olivesLe sol abreuve l’arbre : les plantes ont besoin d’eau pour vivre et c’est encore le sol qui leur apporte cet élément essentiel. Le sol doit être un peu argileux pour garder une réserve d’eau pour les plantes, mais pas trop car l’olivier n’aime pas que ses racines soient noyées ! Le sol calcaire abrite souvent des cavités imperméables ou des passages de nappes phréatiques dans lesquelles l’olivier peut puiser ce dont il a besoin. Mais attention : les racines les plus profondes vont jusqu’à environ 1m, donc des nappes profondes ne profitent pas à l’olivier. Il faudra l’aider un peu à certains moment de développement.

Et bien plus encore : le sol abrite des insectes qui peuvent être utiles aux arbres. Sans reparler des décomposeurs…, le sol permet à une flore variée et adaptée de se développer et ces plantes vont abriter et attirer une multitude d’insectes, d’oiseaux, d’animaux qui vont aider l’oléiculteur à limiter ses traitements et interventions dans le verger. Il faut laisser l’herbe se développer sous les oliviers pour permettre à cette flore de se développer et à agir sur d’autres secteurs comme la lutte contre l’érosion, la dégradation des produits phytosanitaires, le décompactage des sols….

La dalmaticose : nouveau fléau sur l’olivier

Depuis quelques années, on voit se développer des taches sombres sur les fruits, à partir du mois de juillet ou août et jusqu’à la récolte. Cette maladie est due à une maladie appelée dalmaticose. Elle est provoquée par un champignon introduit par un insecte dans le fruit. Cet insecte, une cécidomyie, pond ses œufs dans une ponte de mouche de l’olive.

dalmaticoseLes symptômes sont très visibles sur les olives : des taches rondes, brunes à noires, sèches, bien délimitées et en dépression. En enlevant la partie brune, on peut trouver dessous la larve rose caractéristique des cécidomyie.

Le développement de la maladie est très souvent liée à la population et aux dégâts de mouches de l’olive. Les vergers traités à l’argile sont souvent moins atteint par la dalmaticose que les vergers traités par des insecticides car la couche argileuse gêne la cécidomyie pour pondre, comme la mouche.

Les traitements au cuivre ont pour le moment eu peu d’efficacité sur cette maladie, de même que les autres produits autorisés sur oliviers. En réduisant les piqûres de mouches, on réduit les dégâts de dalmaticose.

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La mouche de l’olive : la lutte biologique

La mouche de l’olive est déjà présente dans les vergers. Il existe plusieurs produits et techniques pour limiter son action, pas tous accessibles aux particuliers.

Olivarbo - La mouche de l'olive » Tout d’abord à savoir : la femelle de mouche de l’olive s’arrête de pondre quand les températures dépassent 35°C dans la journée et en soirée quand elles dépassent 28°C – il faut plusieurs jours de ces T° pour avoir un effet sur la population et l’action de la mouche. Au contraire, quand les T° sont comprises entre 20 et 30°C, les conditions sont idéales pour elle et ses petites larves ! « 

Si votre piégeage commence à capter quelques mouches et que les T° sont idéales pour la mouche, il faut intervenir pour limiter cette première génération de juillet. Pour les professionnels en bio, traitez avec l’insecticide biologique autorisé et 5 jours après (pas plus !) couvrez avec de l’argile à forte dose. Si vous n’avez pas la possibilité de traiter avec l’insecticide bio, passez tout de suite l’argile. Pour les particuliers, peu de solutions : poser des pièges (bouteilles-pièges, plaques jaunes engluées) et pulvérisez l’argile. L’utilisation de pièges seuls est limité et peu efficace en cas de moyenne et forte pression.

Le renouvellement de ces traitements se fait selon : le grossissement des olives, les piégeages, la météo, les produits disponibles et les autorisations de les renouveler ou pas, la date de récolte (quand on arrive en fin de saison)….

Si les T° sont trop chaudes, n’intervenez pas mais restez très vigilants car la moindre petite baisse de T° (1 ou 2°C peuvent suffire) est fatale !

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La mouche de l’olive : début de surveillance

On est en juin, il est temps de s’inquiéter de la mouche de l’olive. Elle est

mouche de l'olive

mouche de l’olive

déjà présente dans les vergers depuis le mois d’avril et n’attend qu’une chose : pondre ses oeufs !

Un petit rappel pour démarrer : la mouche de l’olive fait des dégâts uniquement sur les olives où elle pond ses oeufs entre 20 et 30°C. Ces oeufs vont devenir des larves puis une pupe (cocon de transformation en adulte) puis une mouche qui va sortir de l’olive. Ces étapes durent 1 mois quand les T° sont favorables, 2 mois en octobre et novembre. La mouche passe généralement l’hiver sous forme de pupe au sol et émerge au printemps.

Pour limiter ces sorties précoces de mouches, vous pouvez disposer des pièges en avril et mai sur vos oliviers (piège-bouteille, panneau jaune englué). A partir du mois de juin, on surveille la population également avec un piège mais uniquement les panneaux englués jaune pour plus de facilités. Un par verger suffit. En comptant les mouches régulièrement toutes les semaines ou tous les jours, on évalue le niveau de la population qui fera les premiers dégâts en juillet. On trouve ces panneaux chez tous les distributeurs de produits agricoles.

La mouche de l’olive mesure 4 à 5mm de long et de large; elle a une couleur dominante orange, sur la tête, les pattes et l’abdomen. Le thorax est gris avec des bandes noires. Les ailes sont transparentes avec un point noir minuscule à sa pointe.

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La teigne de l’olivier : identification et lutte biologique

La teigne de l’olivier est un lépidoptère, un papillon, qui s’attaque à l’olivier à différents moments de son développement. Il est moins important que la mouche, mais peut faire certaines années de gros dégâts.

Comme tout papillon, la teigne passe par un stade juvénile sous forme de chenille, et c’est cette forme qui fait tous les dégâts. Il y a 3 générations de teigne / an : une en hiver où la chenille grignote les feuilles, une au printemps sur boutons floraux et une en été dans le fruit. Certaines variétés sont plus sensibles, comme l’Aglandau mais toutes les variétés sont susceptibles d’être atteintes.

larve de teigne de l'olivier sur une feuille

larve de teigne de l’olivier sur une feuille

En hiver, on observe sur les feuilles des galeries, pas toujours de forme définie, qui sont le résultat de l’activité des chenilles entre les deux épidermes de la feuille. En observant la quantité de feuilles atteintes en mars ou avril, on pourra estimer si la population est importante et pourra causer des dégâts sur les fleurs et les fruits.

Sur les boutons floraux, l’observation est moins évidente de par la taille des boutons eux-mêmes. Les petites chenilles pénètrent dans les boutons, mangent le pistil et les étamines de la fleur. Quand on commence à voir des fils de soies sur les fleurs, ressemblant à une toile d’araignée sale, c’est que la larve est déjà assez grosse et moins sensible aux produits de traitements. Ce stade de la larve correspond au stade « boutons blancs » de l’olivier, c’est-à-dire quand les boutons floraux de l’olivier commencent à blanchir, stade très éphémère, qui dure tout au plus 1 semaine. Le traitement se fait quand on a plus de 10% de feuilles minées en hiver. Il existe un produit biologique chez les distributeurs, efficace s’il est positionné juste avant le stade « boutons blancs » des fleurs et par un temps sans vent. Il faut renouveler le traitement une semaine après le premier et bien mouiller le feuillage. Les particuliers ont accès à ces produits.

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La floraison de l’olivier

La floraison de l’olivier a  lieu en général fin mai, et dure une quinzaine de jours. Mais tout dépend des conditions climatiques de l’année. Selon la composition des variétés sur le verger, elle peut s’étendre sur 1 mois, depuis les 1ères fleurs jusqu’à la chute des derniers pétales. La fleur d’olivier est hermaphrodite et la pollinisation se fait uniquement par le vent. Cependant, le pollen doit venir d’une autre fleur voire d’une autre variété pour qu’il y ait fécondation.

fleurs d'olivier.jpgL’olivier fait de nombreuses fleurs, tous les ans, mais pour obtenir des fruits c’est plus compliqué ! Plusieurs critères entrent en jeu pour avoir une bonne fructification : la bonne minéralisation de l’arbre, une bonne hydratation des fleurs, du pollen varié provenant de fleurs d’autres variétés d’oliviers, un léger vent.

Si tous ces critères sont remplis, on peut aider l’olivier à garder les petits fruits qui se forment : on pulvérise des engrais foliaires au moment de la floraison et sur le petit fruit.

Les engrais foliaires sont, comme leur nom l’indique, des engrais que l’on va appliquer sur le feuillage des plantes pour améliorer l’état nutritionnel. Cette application permet une assimilation plus rapide des nutriments par l’arbre.

cropped-P1020485.jpgPour l’olivier, on va apporter en foliaire surtout les oligo-éléments, type bore, manganèse, zinc…On peut également trouver des engrais avec de la potasse ou de l’azote, mais les effets sont peu identifiables sur l’olivier. Beaucoup de spécialités existent, choisissez celles qui correspondent aux carences de vos arbres ou de vos sols.

La période la plus propice pour appliquer des engrais foliaires sur l’olivier c’est en « encadrement de la floraison », soit au stade boutons blancs, fin floraison et nouaison (tout petit fruit). Les produits sont souvent riche en bore car cet oligoélément est indispensable à la floraison et à la fructification.

Attention toutefois : ces engrais foliaires appliqués sur oliviers ne seront efficaces que si le sol a été bien fertilisé en hiver car les engrais foliaires jouent plus un rôle d’accélérateur de nutrition que de nutrition directe.

La plantation et les jeunes vergers

La plantation des oliviers a lieu de préférence sous nos latitudes en mars et avril. Plus tôt, il y a encore des risques de gel sur les jeunes plants, plus tard, en mai ou juin, la sécheresse et la chaleur pourrait sécher les arbres nouvellement implantés.

Pour supporter la sécheresse, il faut prévoir un arrosage les 2 premières années, depuis le mois d’avril jusqu’aux pluies d’automne. A raison de 50 L / semaine / arbre, les jeunes plants pourront former de nouvelles racines rapidement et résister d’eux même aux fortes chaleurs.

Préparer le sol avant le la plantation est indispensable dans les sols pauvres et caillouteux où on plante généralement les oliviers. Il faut travailler le sol en surface, faire des sillons plus profonds sur les rangs, creuser des trous d’environ 1 m de profondeur, enterrer l’arbre bien en dessous du collet. Apporter également du phosphore et des engrais liquides pour une bonne reprise des racines

Après plantation, surveiller les nouvelles pousses et les attaques de phytophages, comme les chenilles de pyrale du jasmin ou de coléoptères otiorrhynques. Ces deux insectes mangent les jeunes feuilles et les bourgeons terminaux et ralentissent la croissance des arbres.

L’arrosage des oliviers

L’olivier est un arbre bien adapté à la sécheresse, mais comme toute plante, il produira plus de fruits s’il a de l’eau en suffisance. L’eau est la base de la nutrition des plantes, elle est indispensable à la croissance, à la floraison, à la fructification et à l’élaboration de l’huile dans les fruits.

irrigation de l'olivierSi l’hiver est sec, il faut débuter l’irrigation dès le début avril. En intervenant aussi tôt en saison, on augmente les chances de production. En effet, une fleur bien formée, bien hydratée donnera plus facilement un fruit qu’une fleur sèche ou qui ne s’ouvre pas et sèche au stade bouton !

Il faut maintenir cette hydratation pendant toute la présence des fleurs et pendant la nouaison  (formation du jeune fruit). Les quantités sont variables selon la taille des arbres et l’état de sécheresse mais en moyenne entre 50 et 80 L /arbre / semaine en ce début de saison.

L’irrigation peut être assistée, par goutte-à-goutte, aérien ou enterré, par micro-aspersion, mais également par inondation ou à la raie. La fertirrigation peut aussi être appliquée sur l’olivier, comme sur les autres arbres fruitiers.

Calendrier d’entretien des oliviers

Comme tout arbre fruitier, l’olivier demande de l’entretien et une attention tous les ans renouvelés. Selon les maladies, les ravageurs, les étapes essentielles d’entretien,  les périodes d’intervention sont tous les ans à peu près les mêmes. Le tableau suivant vous donne mois par mois, les actions et observations à faire sur l’olivier :

janvier : préparation de la fertilisation (calculs et commande des engrais)

février : apport d’engrais, de compost, de fumiers – traitement au cuivre contre l’oeil de paon

mars : taille – observation des foyers de cochenilles ou d’autres ravageurs hivernants dans l’olivier – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire

avril : broyage herbe – début de l’irrigation si hiver sec – apport d’engrais potassique – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire – observation et traitements des xylophages sur jeunes arbres (pyrale du jasmin, otiorrhynque…)

mai : irrigation si nécessaire – traitement contre la teigne si nécessaire

juin : irrigation – mise en place du piégeage contre la mouche de l’olive et traitements sur les olives précoces – broyage de l’herbe, ou passage de griffes ou disques, enfouissement engrais vert

juillet : irrigation – suivi de la mouche et traitements si nécessaire

août : irrigation – suivi de la mouche et traitements – traitement contre la cochenille si nécessaire

septembre : irrigation si nécessaire – suivi de la mouche et traitements – apport d’engrais – traitements contre l’oeil de paon si nécessaire

octobre : broyage d e l’herbe ou passage d’une griffe avant la récolte – traitements contre la mouche pour les variétés tardives

novembre : récolte

décembre : fin de récolte – apport de matière organique au sol