La récolte des olives débute !

La récolte des olives débute cette semaine dans les zones précoces : La Vallée des Baux de Provence, le Pays d’Aix en Provence, l’Hérault, l’Aude et la cote Varoise. Les olives sont mûres pour produire un bon fruité vert, avec des arômes de verdure.

 Cette année la maturité est en avance, mais l’amertume est intense. Le fruité est bien caractéristique des variétés françaises mais peu intense.

Une olive mature n’est pas forcément une olive noire ! Elle peut être encore verte ou tournante (avec début de coloration) et avoir toute sa capacité d’huile. En effet, début novembre, les olives ont déjà leur quantité maximale d’huile. Ce qui va changer si on ne récolte pas les olives, ce sont les arômes (qui vont évoluer vers des aromes de fruits), l’amertume (qui va diminuer), le piquant (qui diminue aussi) et la quantité d’eau dans les olives qui va diminuer.

Les olives sont triturées dans les 2 jours après récolte pour garantir un pur jus de fruits frais !

la cécidomyie des écorces de l’olivier

On observe souvent des rameaux secs à l’automne sur les oliviers. Ce dessèchement peut avoir plusieurs origines mais il est souvent du à un insecte xylophage : la cécidomyie des écorces.

cecidomyie ecorceCet insecte pond à partir du mois d’août dans les petits rameaux, au niveau de blessures du bois (chute de feuilles, bois abimé par des frottements, des éclatements…). Les larves se développent sous l’écorce, en se nourrissant du bois juste au niveau des vaisseaux conducteurs, ce qui conduit à un dessèchement des rameaux. Au niveau de la présence des larves, on observe des éclats de bois sur une fente et en soulevant l’écorce avec l’ongle, on observe une dizaine de larves roses positionnées les unes à coté des autres. Ces larves sont très caractéristiques de l’insecte.

Une méthode facile et biologique de limiter l’effet de la cécidomyie est de couper les rameaux secs dès qu’ils apparaissent et de broyer ou bruler le rameau.

La récolte des olives de table démarre

La récolte débute cette semaine pour les olives de table vertes : les Lucques et les Salonenques. Ces deux variétés en AOP sont mûres pour une récolte optimale.

IMG_1984Les conditions pour récolter des olives de table vertes :

  • – avoir une coloration optimale pour la récolte
  • – avoir le calibre nécessaire à un classement en AOP
  • – n’avoir aucun dégâts de mouche ( < 2% de piqûres)
  • – ne pas être abimée en surface, pas de déformation

Attention lors de la récolte : ces olives sont très fragiles et une marque faite par un ongle peut déclasser le fruit . Porter des gants évite d’abimer les olives.

Les olives doivent apporter le soir même de la récolte au transformateur, pour garantir un bon produit final.

Il n’existe pas d’olives vertes en bio, car même si la production est bio, la transformation ne le sera pas, car la désamérisation se fait à la soude (non bio !).

Les insectes utiles pour l’olivier et leurs plantes refuges

P1000266_crL’olivier est un refuge pour beaucoup d’insectes, pas tous mauvais pour la production heureusement ! Certains sont même très utiles à la culture puisqu’ils enlèvent des ravageurs en les mangeant ou en les parasitant.

L’article suivant vous indique les principaux insectes retrouvés en verger d’olivier et qui sont utiles à la culture. Une affiche vous indique dans quelles plantes environnantes vous pouvez les retrouver.

Les oiseaux insectivores type mésanges sont également très utiles à certaines périodes de l’année pour prélever des ravageurs qui serviront de nourriture aux oisillons. Les chauve-souris se nourrissent aussi au crépuscule des insectes volants dans les vergers. Et n’oublions pas toute la faune du sol qui mange également des insectes qui tombent au sol.

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La lutte biologique contre la mouche de l’olive

La mouche de l’olive est déjà présente dans les vergers. Il existe plusieurs produits et techniques pour limiter son action, pas tous accessibles aux particuliers.

Olivarbo - La mouche de l'oliveA savoir et retenir : la femelle de mouche de l’olive s’arrête de pondre quand les températures dépassent 35°C dans la journée et en soirée quand elles dépassent 28°C – il faut plusieurs jours de ces T° pour avoir un effet sur la population et l’action de la mouche. Au contraire, quand les T° sont comprises entre 20 et 30°C, les conditions sont idéales pour elle et ses petites larves ! « 

Si votre piégeage commence à capter quelques mouches et que les T° sont idéales pour la mouche, il faut intervenir pour limiter cette première génération de juillet. Pour les professionnels en bio, traitez avec l’insecticide biologique autorisé et 5 jours après (pas plus !) couvrez avec de l’argile à forte dose. Si vous ne pouvez pas traiter avec l’insecticide bio à cause des abeilles ou autres, passez tout de suite l’argile. Pour les particuliers, peu de solutions : poser des pièges (bouteilles-pièges, plaques jaunes engluées) et pulvérisez l’argile. L’utilisation de pièges seuls est limité et peu efficace en cas de moyenne et forte pression.

Le renouvellement de ces traitements se fait selon : le grossissement des olives, les piégeages, la météo, les produits disponibles et les autorisations de les renouveler ou pas, la date de récolte (quand on arrive en fin de saison)….

Si les T° sont trop chaudes, n’intervenez pas mais restez très vigilants car la moindre petite baisse de T° (1 ou 2°C peuvent suffire) est fatale !

Attention aux pièges vendus dans le commerce pour un « piégeage massif » : ces produits marchent dans certaines conditions d’isolement, altitude, T°….

Dès que vous utilisez un produit même bio, protégez-vous

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La mouche de l’olive : début de surveillance

Juin est déjà bien avancé et il faut s’inquiéter sérieusement de la mouche de l’olive. Elle est

mouche de l'olive

mouche de l’olive

déjà présente dans les vergers depuis le mois d’avril et n’attend qu’une chose : pondre ses oeufs !

Un petit rappel pour démarrer : la mouche de l’olive fait des dégâts uniquement sur les olives où elle pond ses oeufs entre 20 et 30°C. Ces oeufs vont devenir des larves puis une pupe (cocon de transformation en adulte) puis une mouche qui va sortir de l’olive. Ces étapes s’étalent sur 1 mois quand les T° sont favorables, 2 mois en octobre et novembre.

Pour limiter les sorties précoces de mouches, vous pouvez disposer des pièges dès le mois de mars sur vos oliviers en augmentant progressivement la quantité (piège-bouteille, panneau jaune englué).

A partir du mois de juin, on surveille la population également avec un piège mais uniquement les panneaux englués jaune pour plus de facilités. Un par verger suffit. En comptant les mouches régulièrement toutes les semaines ou tous les jours, on évalue le niveau de la population qui fera les premiers dégâts en juillet. On trouve ces panneaux chez tous les distributeurs de produits agricoles.

Pour le moment, la population est assez faible. Mais attention aux conditions climatiques de juillet qui vont déterminer la population de septembre ! Et même si les T° sont élevées, intervenez fin juin avec un traitement pour limiter cette 1ère génération.

La mouche de l’olive mesure 4 à 5mm de long et de large; elle a une couleur dominante orange, sur la tête, les pattes et l’abdomen. Le thorax est gris avec des bandes noires. Les ailes sont transparentes avec un point noir minuscule à sa pointe.

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La culture bio de l’olivier

Cultiver en bio son ou ses oliviers, c’est possible. Mais il faut respecter quelques règles :

  • tout d’abord, et ça parait logique, on apporte aux arbres des engrais organiques   (à base de fumiers de poule, de moutons, de cheval ou de compost ou de tourteaux végétaux) et des intrants biologiques (cuivre, argile…)
  • choisir des variétés adaptées au terroir, au climat, au terrain : éviter les terrains humides, ombragés, acides, abritant la verticilliose….
  • on ne travaille plus le sol, on laisse l’herbe pousser, pour maintenir le sol, apporter de la matière organique et attirer des insectes dans les fleurs
  • on nourrit le sol de façon optimale pour les arbres, en apportant tous les ans du compost (10 à 20 T/ha ou 40 kg/arbre), en broyant le bois de taille sur place, en alimentant les arbres avec du fumier de poules ou des granulés enrichis en azote et en potasse
  • ne pas négliger les oligo-éléments, l’olivier a besoin de fer, de bore, de zinc.

Olivarbo CG - Olivaie de la PierrediteBio ne veut pas dire « sans traitements ni engrais » ! Un olivier sans nourriture ne mourra pas, mais il va produire de moins en moins. Il existe également des traitements bios, pour limiter les maladies et les ravageurs et garantir une bonne santé des arbres et une qualité des produits obtenus.

En culture bio, on peut aussi arroser les oliviers et garantir une bonne production d’olives.

Si vous êtes certifiés en bio, toutes vos interventions doivent être notées et justifiées, et contrôlées.

Les maladies de l’olivier

Comme toute plante, l’olivier a son cortège de ravageurs et de maladies, qui lui sont propres ou qu’il partage avec d’autres espèces.

La plus connue et la plus répandue est la maladie de l’œil de paon. Elle est présente sur toutes les variétés en plus ou moins grande quantité, certaines variétés étant très sensibles. Elle se manifeste par des taches rondes sur les feuilles, de couleur d’abord noire/grise, puis jaune, orange…en cercles concentriques. Elle est présente toute l’année sur les feuilles. En quantité très importante, on observe une chute prématurée des feuilles, en général au printemps. La propagation de la maladie se fait lors des pluies > 9°C, de février à mars et octobre-novembre.

Une maladie plus sournoise, qui prend de l’ampleur depuis quelques années, c’est la cercosporiose. Due également à un champignon, elle se caractérise par un feutrage gris/noir à la face inférieure des feuilles. A un stade assez développée, la feuille jaunie et chute. Cette chute peut être très importante certaines années, sur les variétés sensibles comme le cayon ou la picholine, surtout si elles ont fortement produit d’olives. La période la plus critique pour cette maladie c’est l’hiver, novembre-décembre.

Quittons les fdalmaticoseeuilles et allons sur le fruit. Depuis quelques années, la dalmaticose fait plus de dégâts que la mouche ! Cette maladie est due à un champignon qui est introduit par une mouche (différente de la mouche de l’olive), qui profite des piqûres de ponte de la mouche de l’olive pour déposer également son œuf….avec la dalmaticose ! En général, la larve de mouche de l’olive ne résiste par à ce double assaut ! Tant mieux, mais le fruit n’est pas sauvé pour autant, car la dalmaticose se développe en formant une tache circulaire incurvée et épaisse dans la chair et la peau de l’olive. Très atteint, le fruit chute prématurément. Pour ceux qui restent sur les arbres et sont récoltés, la qualité de l’huile sera dépréciée. En luttant efficacement contre la mouche et surtout avec une protection argileuse, on diminue les dégâts, mais il faut intervenir dès le mois de juin.

Atteignant les racines, la verticilliose est une maladie des jeunes arbres qui n’est pas propre à l’olivier. Ce champignon, vivant dans le sol suite à une culture le favorisant comme les fruits à noyaux, la luzerne cultivée, maraichage…, s’introduit dans les racines de l’arbre et va boucher progressivement des vaisseaux conducteurs de sève. Il s’ensuit un déssèchement partiel ou total de l’arbre. Cette maladie n’atteint que les jeunes vergers de moins de 10 ans, les 1ers symptômes apparaissant dans les 3-4 ans après la plantation. Peu de solutions contre la verticilliose, sinon diminuer les apports d’engrais, d’eau et arrêter de travailler le sol.

D’autres maladies atteignent l’olivier, des bactéries, des virus…..moins répandues mais très problématiques quand elles touchent nos oliviers, car souvent il n’y a pas de solutions de lutte.

La floraison de l’olivier

La floraison de l’olivier a  lieu en général fin mai, et dure une quinzaine de jours. Mais tout dépend des conditions climatiques de l’année. Selon la composition des variétés sur le verger, elle peut s’étendre sur 1 mois, depuis les 1ères fleurs jusqu’à la chute des derniers pétales. La fleur d’olivier est hermaphrodite et la pollinisation se fait uniquement par le vent. Cependant, le pollen doit venir d’une autre fleur voire d’une autre variété pour qu’il y ait fécondation.

fleurs d'olivier.jpgL’olivier fait de nombreuses fleurs, tous les ans, mais pour obtenir des fruits c’est plus compliqué ! Plusieurs critères entrent en jeu pour avoir une bonne fructification : la bonne fertilisation de l’arbre, une bonne hydratation des fleurs, du pollen varié provenant de fleurs d’autres variétés d’oliviers, un léger vent.

Si tous ces critères sont remplis, on peut aider l’olivier à garder les petits fruits qui se forment : on pulvérise des engrais foliaires au moment de la floraison et sur le petit fruit.

Les engrais foliaires sont, comme leur nom l’indique, des engrais que l’on va appliquer sur le feuillage des plantes pour améliorer l’état nutritionnel. Cette application permet une assimilation plus rapide des nutriments par l’arbre.

cropped-P1020485.jpgPour l’olivier, on va apporter en foliaire surtout des oligo-éléments, type bore, manganèse, zinc…On peut également trouver des engrais avec de la potasse ou de l’azote, mais les effets sont peu identifiables sur l’olivier. Beaucoup de spécialités existent, choisissez celles qui correspondent aux carences de vos arbres ou de vos sols.

La période la plus propice pour appliquer des engrais foliaires sur l’olivier c’est en « encadrement de la floraison », soit au stade boutons blancs, fin floraison et nouaison (tout petit fruit). Les produits sont souvent riche en bore car cet oligoélément est indispensable à la floraison et à la fructification.

Attention toutefois : ces engrais foliaires appliqués sur oliviers ne seront efficaces que si le sol a été bien fertilisé en hiver car les engrais foliaires jouent plus un rôle d’accélérateur de nutrition que de nutrition directe.

L’arrosage des oliviers

L’olivier est un arbre bien adapté à la sécheresse, mais comme toute plante, il produira plus de fruits s’il a de l’eau en suffisance. L’eau est la base de la nutrition des plantes, elle est indispensable à la croissance, à la floraison, à la fructification et à l’élaboration de l’huile dans les fruits.

irrigation de l'olivierSi l’hiver est sec, il faut débuter l’irrigation dès la mi mars. En intervenant aussi tôt en saison, on augmente les chances de production. En effet, une fleur bien formée, bien hydratée donnera plus facilement un fruit qu’une fleur sèche ou qui ne s’ouvre pas et sèche au stade bouton !

Il faut maintenir cette hydratation pendant toute la présence des fleurs et pendant la nouaison  (formation du jeune fruit). Les quantités sont variables selon la taille des arbres et l’état de sécheresse mais en moyenne entre 50 et 80 L /arbre / semaine en ce début de saison.

L’irrigation peut être faite par goutte-à-goutte, aérien ou enterré, par micro-aspersion, mais également par inondation ou à la raie ou au canon. Chaque technique a ses avantages et ses inconvénients, mais quand vous prévoyez un système d’arrosage, réfléchissez bien à tous les paramètres : pente, distances, filtration, puissance des pompes, débit, ressource en eau, consommation d’eau, d’électricité, passage de sangliers, de tracteurs ou d’outils d’entretien du sol…. La fertirrigation peut aussi être appliquée sur l’olivier, comme sur les autres arbres fruitiers.