L’entretien de l’olivier mois par mois

Comme tout arbre fruitier, l’olivier demande de l’entretien et une attention tous les ans renouvelés. Selon les maladies, les ravageurs, les étapes essentielles d’entretien,  les périodes d’intervention sont tous les ans à peu près les mêmes. Le tableau suivant vous donne mois par mois, les actions et observations à faire sur l’olivier :

janvier : préparation de la fertilisation (calculs et commande des engrais) – taille douce

février : apport d’engrais, de compost, de fumiers – traitement au cuivre contre l’oeil de paon – taille douce

mars : taille – observation des foyers de cochenilles ou d’autres ravageurs hivernants dans l’olivier – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire

avril : broyage herbe – début de l’irrigation si hiver sec – apport d’engrais potassique – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire – observation et traitements des xylophages sur jeunes arbres (pyrale du jasmin, otiorrhynque…)

mai : irrigation si nécessaire – traitement contre la teigne si nécessaire

juin : irrigation – mise en place du piégeage contre la mouche de l’olive et traitements sur les olives précoces – broyage de l’herbe, ou passage de griffes ou disques, enfouissement engrais vert

juillet : irrigation – suivi de la mouche et traitements si nécessaire

août : irrigation – suivi de la mouche et traitements – traitement contre la cochenille si nécessaire

septembre : irrigation si nécessaire – suivi de la mouche et traitements – apport d’engrais – traitements contre l’oeil de paon si nécessaire

octobre : broyage d e l’herbe ou passage d’une griffe avant la récolte – traitements contre la mouche pour les variétés tardives

novembre : récolte

décembre : fin de récolte – apport de matière organique au sol

Le développement de l’olivier

olivierL’olivier a un cycle de développement de 2 ans, contrairement aux autres arbres fruitiers ou à la vigne qui ont des cycles annuels. En effet, vous l’avez remarqué, l’olivier ne perd pas ses feuilles en hiver, même s’il observe un repos hivernal dès que les T° sont en dessous de 9°C pendant plusieurs jours.

Une année, l’olivier va faire des pousses et du bois; l’année suivante, il va produire des fruits sur les pousses qu’il a fait l’année précédente. En raison d’une production tous les 2 ans, on dit que l’olivier « alterne ».

L’entretien de l’olivier est donc différent des autres arbres fruitiers, puisque si vous pratiquez une taille sévère tous les ans, vous n’aurez pas beaucoup d’olives. Ainsi, on peut tailler les oliviers tous les 2 ans sans problème, encore faut-il tomber sur la bonne année. Pour cela, il faut observer l’arbre pendant 3 ans et voir quelle est l’année de forte production et tailler l’arbre au printemps suivant.

Sinon, vous pouvez aussi tailler les arbres doucement tous les ans et fertiliser correctement et vous diminuerez l’alternance !

Pendant l’hiver (janvier-fevrier), se déroule une étape importante de la vie de l’olivier : l‘initiation florale (l’induction florale ayant lieu en juillet). Les fleurs se développeront sur le bois de l’année précédente. S’il gèle fin février sur des arbres qui ont démarré leur développement, il n’y aura pas de fleurs !!!

La dégustation des huiles d’olive : les différents fruités

moulinprsiteL’huile d’olive se déguste de la même façon qu’un vin : d’abord au nez puis en bouche.

A savoir : l’huile d’olive se déguste à 27°C, dans des verres bleus car, contrairement aux vins, la couleur et l’onctuosité ne sont pas des critères de dégustation !

On commence donc par sentir l’huile, les arômes qui s’en dégagent, les notes de verdure ou de fruits ou de sous-bois….

Puis on goutte : comme pour le vin, on aère l’huile dès qu’elle est en bouche pour les arômes volatiles. Puis on crache l’huile pour noter les arrières-gouts et la longueur en bouche des arômes.

Les huiles d’olives peuvent avoir différents arômes, classés en 3 grandes catégories :

– les arômes de verdure (herbe, feuille, foin frais, artichaut cru, eucalyptus, figuier, menthe, basilic….) sont caractéristiques d’un fruité intense ou vert, associé souvent à du piquant et à de l’amertume.

– les arômes de fruits frais (pomme, banane, pamplemousse, poire, pêche, cerise…), de fruits secs (amande, noisette, noix…) ou de fleurs (rose, genêt, pissenlit…) sont contenus dans une huile de fruité subtil ou mûr, le piquant et l’amertume étant faibles dans ces huiles dites douces.

le fruité à l’ancienne, issu d’olives fermentées contrôlées, aura des arômes de pain au levain, cacao, fruits confits, sous-bois, vanille, pruneau….il n’y a plus de piquant et d’amertume dans ces huiles.

Chaque type d’huile sera associé à des plats pour en sublimer les arômes. Ainsi, les fruités verts saurondegustation=-enqueteexclusiv-pieges-a-touris-t donné de la fraicheur à un poisson en papillotte, aux pâtes, riz, plat de pois-chiches, ratatouille mais aussi sur des fraises ou avec du chocolat. Le fruité mûr sera associé à des desserts comme la glace à la vanille ou à l’amande, la pompe à huile, financiers ou un poisson maigre. Le fruité à l’ancienne accompagnera toutes les salades, vertes ou composées, endives ou artichaut crus ou cuits, ratatouille, piperade, tian.

!!!!   Bonne dégustation !!!!

La trituration des olives dans les moulins à huile

Une fois les olives récoltées, le moulin va les triturer pour extraire l’huile. Le processus est le même sur tous les moulins : les olives sont lavées et effeuillées, puis elles passent dans le broyeur et sont malaxées pendant environ 1h à froid. Cette étape est réduite en 1 seule dans les moulins traditionnels où une meule écrase et malaxe les olives en même temps.

moulinprsitePuis la pâte est centrifugée pour séparer la partie liquide (eau + huile) et le reste de l’olive (la pulpe, le noyau..). Dans un moulin traditionnel, la pâte est pressée pour extraire la partie liquide de la pâte. Enfin, l’huile passe dans un décanteur où l’eau est séparée de l’huile ou elle est récupérée à « la feuille », sorte de louche qui permet de ramassée l’huile qui flotte sur l’eau (quasiment plus aucun moulin effectue cette étape car elle prend beaucoup de temps, de main d’œuvre et l’huile s’oxyde au contact de l’air et perd ces propriétés de jus de fruits frais).

Dans les moulins modernes, la pâte et l’huile ne sont plus en contact avec l’air et ce procédé permet de garder les arômes et les qualités biologiques de l’huile intacts. C’est un pur jus de fruits frais qui est élaboré par les moulins pendant les 2 ou 3 mois que dure la trituration des olives.

La récolte des olives débute !

La récolte des olives débute cette semaine dans les zones précoces : La Vallée des Baux de Provence, le Pays d’Aix en Provence, l’Hérault, l’Aude et la cote Varoise. Les olives sont mûres pour produire un bon fruité vert, avec des arômes de verdure.

 Cette année la maturité est en avance, mais l’amertume est intense. Le fruité est bien caractéristique des variétés françaises mais peu intense.

Une olive mature n’est pas forcément une olive noire ! Elle peut être encore verte ou tournante (avec début de coloration) et avoir toute sa capacité d’huile. En effet, début novembre, les olives ont déjà leur quantité maximale d’huile. Ce qui va changer si on ne récolte pas les olives, ce sont les arômes (qui vont évoluer vers des aromes de fruits), l’amertume (qui va diminuer), le piquant (qui diminue aussi) et la quantité d’eau dans les olives qui va diminuer.

Les olives sont triturées dans les 2 jours après récolte pour garantir un pur jus de fruits frais !

la cécidomyie des écorces de l’olivier

On observe souvent des rameaux secs à l’automne sur les oliviers. Ce dessèchement peut avoir plusieurs origines mais il est souvent du à un insecte xylophage : la cécidomyie des écorces.

cecidomyie ecorceCet insecte pond à partir du mois d’août dans les petits rameaux, au niveau de blessures du bois (chute de feuilles, bois abimé par des frottements, des éclatements…). Les larves se développent sous l’écorce, en se nourrissant du bois juste au niveau des vaisseaux conducteurs, ce qui conduit à un dessèchement des rameaux. Au niveau de la présence des larves, on observe des éclats de bois sur une fente et en soulevant l’écorce avec l’ongle, on observe une dizaine de larves roses positionnées les unes à coté des autres. Ces larves sont très caractéristiques de l’insecte.

Une méthode facile et biologique de limiter l’effet de la cécidomyie est de couper les rameaux secs dès qu’ils apparaissent et de broyer ou bruler le rameau.

La récolte des olives de table démarre

La récolte débute cette semaine pour les olives de table vertes : les Lucques et les Salonenques. Ces deux variétés en AOP sont mûres pour une récolte optimale.

IMG_1984Les conditions pour récolter des olives de table vertes :

  • – avoir une coloration optimale pour la récolte
  • – avoir le calibre nécessaire à un classement en AOP
  • – n’avoir aucun dégâts de mouche ( < 2% de piqûres)
  • – ne pas être abimée en surface, pas de déformation

Attention lors de la récolte : ces olives sont très fragiles et une marque faite par un ongle peut déclasser le fruit . Porter des gants évite d’abimer les olives.

Les olives doivent apporter le soir même de la récolte au transformateur, pour garantir un bon produit final.

Il n’existe pas d’olives vertes en bio, car même si la production est bio, la transformation ne le sera pas, car la désamérisation se fait à la soude (non bio !).

Les insectes utiles pour l’olivier et leurs plantes refuges

P1000266_crL’olivier est un refuge pour beaucoup d’insectes, pas tous mauvais pour la production heureusement ! Certains sont même très utiles à la culture puisqu’ils enlèvent des ravageurs en les mangeant ou en les parasitant.

L’article suivant vous indique les principaux insectes retrouvés en verger d’olivier et qui sont utiles à la culture. Une affiche vous indique dans quelles plantes environnantes vous pouvez les retrouver.

Les oiseaux insectivores type mésanges sont également très utiles à certaines périodes de l’année pour prélever des ravageurs qui serviront de nourriture aux oisillons. Les chauve-souris se nourrissent aussi au crépuscule des insectes volants dans les vergers. Et n’oublions pas toute la faune du sol qui mange également des insectes qui tombent au sol.

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La lutte biologique contre la mouche de l’olive

La mouche de l’olive est déjà présente dans les vergers. Il existe plusieurs produits et techniques pour limiter son action, pas tous accessibles aux particuliers.

Olivarbo - La mouche de l'oliveA savoir et retenir : la femelle de mouche de l’olive s’arrête de pondre quand les températures dépassent 35°C dans la journée et en soirée quand elles dépassent 28°C – il faut plusieurs jours de ces T° pour avoir un effet sur la population et l’action de la mouche. Au contraire, quand les T° sont comprises entre 20 et 30°C, les conditions sont idéales pour elle et ses petites larves ! « 

Si votre piégeage commence à capter quelques mouches et que les T° sont idéales pour la mouche, il faut intervenir pour limiter cette première génération de juillet. Pour les professionnels en bio, traitez avec l’insecticide biologique autorisé et 5 jours après (pas plus !) couvrez avec de l’argile à forte dose. Si vous ne pouvez pas traiter avec l’insecticide bio à cause des abeilles ou autres, passez tout de suite l’argile. Pour les particuliers, peu de solutions : poser des pièges (bouteilles-pièges, plaques jaunes engluées) et pulvérisez l’argile. L’utilisation de pièges seuls est limité et peu efficace en cas de moyenne et forte pression.

Le renouvellement de ces traitements se fait selon : le grossissement des olives, les piégeages, la météo, les produits disponibles et les autorisations de les renouveler ou pas, la date de récolte (quand on arrive en fin de saison)….

Si les T° sont trop chaudes, n’intervenez pas mais restez très vigilants car la moindre petite baisse de T° (1 ou 2°C peuvent suffire) est fatale !

Attention aux pièges vendus dans le commerce pour un « piégeage massif » : ces produits marchent dans certaines conditions d’isolement, altitude, T°….

Dès que vous utilisez un produit même bio, protégez-vous

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La mouche de l’olive : début de surveillance

Juin est déjà bien avancé et il faut s’inquiéter sérieusement de la mouche de l’olive. Elle est

mouche de l'olive

mouche de l’olive

déjà présente dans les vergers depuis le mois d’avril et n’attend qu’une chose : pondre ses oeufs !

Un petit rappel pour démarrer : la mouche de l’olive fait des dégâts uniquement sur les olives où elle pond ses oeufs entre 20 et 30°C. Ces oeufs vont devenir des larves puis une pupe (cocon de transformation en adulte) puis une mouche qui va sortir de l’olive. Ces étapes s’étalent sur 1 mois quand les T° sont favorables, 2 mois en octobre et novembre.

Pour limiter les sorties précoces de mouches, vous pouvez disposer des pièges dès le mois de mars sur vos oliviers en augmentant progressivement la quantité (piège-bouteille, panneau jaune englué).

A partir du mois de juin, on surveille la population également avec un piège mais uniquement les panneaux englués jaune pour plus de facilités. Un par verger suffit. En comptant les mouches régulièrement toutes les semaines ou tous les jours, on évalue le niveau de la population qui fera les premiers dégâts en juillet. On trouve ces panneaux chez tous les distributeurs de produits agricoles.

Pour le moment, la population est assez faible. Mais attention aux conditions climatiques de juillet qui vont déterminer la population de septembre ! Et même si les T° sont élevées, intervenez fin juin avec un traitement pour limiter cette 1ère génération.

La mouche de l’olive mesure 4 à 5mm de long et de large; elle a une couleur dominante orange, sur la tête, les pattes et l’abdomen. Le thorax est gris avec des bandes noires. Les ailes sont transparentes avec un point noir minuscule à sa pointe.

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