La culture bio de l’olivier

Cultiver en bio son ou ses oliviers, c’est possible. Mais il faut respecter quelques règles :

  • tout d’abord, et ça parait logique, on apporte aux arbres des engrais organiques   (à base de fumiers de poule, de moutons, de cheval ou de compost ou de tourteaux végétaux) et des intrants biologiques (cuivre, argile…)
  • choisir des variétés adaptées au terroir, au climat, au terrain : éviter les terrains humides, ombragés, acides, abritant la verticilliose….
  • on ne travaille plus le sol, on laisse l’herbe pousser, pour maintenir le sol, apporter de la matière organique et attirer des insectes dans les fleurs
  • on nourrit le sol de façon optimale pour les arbres, en apportant tous les ans du compost (10 à 20 T/ha ou 40 kg/arbre), en broyant le bois de taille sur place, en alimentant les arbres avec du fumier de poules ou des granulés enrichis en azote ou en potasse
  • ne pas négliger les oligo-éléments, l’olivier a besoin de fer, de bore, de zinc.

Olivarbo CG - Olivaie de la PierrediteBio ne veut pas dire « sans traitements ni engrais » ! Un olivier sans nourriture ne mourra pas, mais il va produire de moins en moins. Il existe également des traitements bios, pour limiter les maladies et les ravageurs et garantir une bonne santé des arbres et une qualité des produits obtenus.

En culture bio, on peut aussi arroser les oliviers et garantir une bonne production d’olives.

Si vous êtes certifiés en bio, toutes vos interventions doivent être notées et justifiées, et contrôlées.

La mouche de l’olive : début de surveillance

Juin débute à peine et il faut déjà s’inquiéter de la mouche de l’olive. Elle est

mouche de l'olive

mouche de l’olive

déjà présente dans les vergers depuis le mois d’avril et n’attend qu’une chose : pondre ses oeufs !

Un petit rappel pour démarrer : la mouche de l’olive fait des dégâts uniquement sur les olives où elle pond ses oeufs entre 20 et 30°C. Ces oeufs vont devenir des larves puis une pupe (cocon de transformation en adulte) puis une mouche qui va sortir de l’olive. Ces étapes s’étalent sur 1 mois quand les T° sont favorables, 2 mois en octobre et novembre.

Pour limiter les sorties précoces de mouches, vous pouvez disposer des pièges en avril et mai sur vos oliviers (piège-bouteille, panneau jaune englué).

A partir du mois de juin, on surveille la population également avec un piège mais uniquement les panneaux englués jaune pour plus de facilités. Un par verger suffit. En comptant les mouches régulièrement toutes les semaines ou tous les jours, on évalue le niveau de la population qui fera les premiers dégâts en juillet. On trouve ces panneaux chez tous les distributeurs de produits agricoles.

Pour le moment, la population est assez faible. Mais attention aux conditions climatiques de juillet qui vont déterminer la population de septembre !

La mouche de l’olive mesure 4 à 5mm de long et de large; elle a une couleur dominante orange, sur la tête, les pattes et l’abdomen. Le thorax est gris avec des bandes noires. Les ailes sont transparentes avec un point noir minuscule à sa pointe.

Pour plus de renseignements, contactez-moi

La teigne de l’olivier : identification et lutte biologique

La teigne de l’olivier est un lépidoptère, un petit papillon gris, qui s’attaque à l’olivier à différents moments de son développement. Il est moins important que la mouche, mais peut faire certaines années de gros dégâts.

Comme tout papillon, la teigne passe par un stade juvénile sous forme de chenille, et c’est cette forme qui fait tous les dégâts. Il y a 3 générations de teigne / an : une en hiver où la chenille grignote les feuilles, une au printemps sur boutons floraux et une en été dans le fruit. Certaines variétés sont plus sensibles, comme l’Aglandau mais toutes les variétés sont susceptibles d’être atteintes.

larve de teigne de l'olivier sur une feuille

larve de teigne de l’olivier sur une feuille

On observe actuellement des papillons dans les pièges. Par contre, les oliviers ayant un peu de retard, on observe les dégâts sur boutons floraux uniquement sur les vergers précoces. Les symptômes sont des fils de soie dans les inflorescences de l’olivier, ressemblant à une fine toile d’araignée sale.  Les petites chenilles pénètrent dans les boutons, mangent le pistil et les étamines de la fleur.

Cette année, la population n’est pas importante, mais il faut surveiller selon les variétés et les secteurs.

Sur certains vergers, il faut prévoir une intervention pour limiter l’action de ces chenilles et le développement des autres générations. On intervient quand les inflorescences de l’olivier sont au stade « boutons blancs », c’est-à-dire quand les boutons floraux de l’olivier commencent à blanchir, stade très éphémère, qui dure tout au plus 1 semaine. Le traitement se fait quand on a plus de 10% de feuilles minées en hiver. Il existe un produit biologique chez les distributeurs, efficace s’il est positionné juste avant le stade « boutons blancs » des fleurs et par un temps sans vent. Il faut renouveler le traitement une semaine après le premier et bien mouiller le feuillage. Les particuliers ont accès à ces produits.

Dès que vous utilisez un produit même biologique, protégez-vous

La floraison de l’olivier

La floraison de l’olivier a  lieu en général fin mai, et dure une quinzaine de jours. Mais tout dépend des conditions climatiques de l’année. Selon la composition des variétés sur le verger, elle peut s’étendre sur 1 mois, depuis les 1ères fleurs jusqu’à la chute des derniers pétales. La fleur d’olivier est hermaphrodite et la pollinisation se fait uniquement par le vent. Cependant, le pollen doit venir d’une autre fleur voire d’une autre variété pour qu’il y ait fécondation.

fleurs d'olivier.jpgL’olivier fait de nombreuses fleurs, tous les ans, mais pour obtenir des fruits c’est plus compliqué ! Plusieurs critères entrent en jeu pour avoir une bonne fructification : la bonne minéralisation de l’arbre, une bonne hydratation des fleurs, du pollen varié provenant de fleurs d’autres variétés d’oliviers, un léger vent.

Si tous ces critères sont remplis, on peut aider l’olivier à garder les petits fruits qui se forment : on pulvérise d’engrais foliaires au moment de la floraison et sur le petit fruit.

Les engrais foliaires sont, comme leur nom l’indique, des engrais que l’on va appliquer sur le feuillage des plantes pour améliorer l’état nutritionnel. Cette application permet une assimilation plus rapide des nutriments par l’arbre.

cropped-P1020485.jpgPour l’olivier, on va apporter en foliaire surtout des oligo-éléments, type bore, manganèse, zinc…On peut également trouver des engrais avec de la potasse ou de l’azote, mais les effets sont peu identifiables sur l’olivier. Beaucoup de spécialités existent, choisissez celles qui correspondent aux carences de vos arbres ou de vos sols.

La période la plus propice pour appliquer des engrais foliaires sur l’olivier c’est en « encadrement de la floraison », soit au stade boutons blancs, fin floraison et nouaison (tout petit fruit). Les produits sont souvent riche en bore car cet oligoélément est indispensable à la floraison et à la fructification.

Attention toutefois : ces engrais foliaires appliqués sur oliviers ne seront efficaces que si le sol a été bien fertilisé en hiver car les engrais foliaires jouent plus un rôle d’accélérateur de nutrition que de nutrition directe.

L’arrosage des oliviers

L’olivier est un arbre bien adapté à la sécheresse, mais comme toute plante, il produira plus de fruits s’il a de l’eau en suffisance. L’eau est la base de la nutrition des plantes, elle est indispensable à la croissance, à la floraison, à la fructification et à l’élaboration de l’huile dans les fruits.

irrigation de l'olivierSi l’hiver est sec, il faut débuter l’irrigation dès le début d’avril. En intervenant aussi tôt en saison, on augmente les chances de production. En effet, une fleur bien formée, bien hydratée donnera plus facilement un fruit qu’une fleur sèche ou qui ne s’ouvre pas et sèche au stade bouton !

Il faut maintenir cette hydratation pendant toute la présence des fleurs et pendant la nouaison  (formation du jeune fruit). Les quantités sont variables selon la taille des arbres et l’état de sécheresse mais en moyenne entre 50 et 80 L /arbre / semaine en ce début de saison.

L’irrigation peut être faite par goutte-à-goutte, aérien ou enterré, par micro-aspersion, mais également par inondation ou à la raie ou au canon. Chaque technique a ses avantages et ses inconvénients, mais quand vous prévoyez un système d’arrosage, réfléchissez bien à tous les paramètres : pente, distances, filtration, puissance des pompes, débit, ressource en eau, consommation d’eau, d’électricité, passage de sangliers, de tracteurs ou d’outils d’entretien du sol…. La fertirrigation peut aussi être appliquée sur l’olivier, comme sur les autres arbres fruitiers.

Les maladies sur les jeunes oliviers

Vos jeunes oliviers sont plantés, vous les arrosez régulièrement. Il faut maintenant surveiller leur développement. Pour cela, vous allez observer la sortie de petites feuilles bien vertes et bien tendres…..qui vont faire le bonheur d’une petite chenille !

pyraleLa pyrale du jasmin est un papillon blanc-beige dont la chenille adore les jeunes pousses de l’olivier. Les dégâts ainsi que la chenille sont bien caractéristiques : la chenille est verte, de la même couleur que la feuille d’olivier, et elle forme une dentelle de feuilles.

Un autre insecte qui s’attaque aux jeunes est un coléoptère, très noir, qui découpe les feuilles par les bordures. On le voit peu, car il vit la nuit sur les oliviers et redescend la journée au sol. On l’empêche de monter sur l’arbre en mettant de la glue sur le tronc et le tuteur de l’arbre.

Sur les jeunes troncs, il faut se méfier des lapins ou autres rongeurs, qui grignotent l’écorce des oliviers et les freinent dans leur développement. Une petite protection en bas des troncs suffit pour éloigner les dents aiguisées des lapins !

Enfin, une maladie provenant d’un champignon du sol peut provoquer un dépérissement des jeunes arbres. Les symptômes de dessèchement apparaissent entre la 2nde et la 8ème année après la plantation. Peu de solutions à cette maladie, sauf de limiter l’irrigation, la fertilisation et avant tout, éviter de planter dans des terrains hébergeant le champignon (fruitiers à noyaux, luzerne…).

Comment planter son olivier ?

La plantation des oliviers a lieu de préférence en mars et en avril. Plus tôt, il y a encore des risques de gel sur les jeunes plants; plus tard, en mai ou juin, la sécheresse et la chaleur pourraient sécher les arbres nouvellement implantés.

Préparez le sol est indispensable dans les sols pauvres et caillouteux où on implante généralement les oliviers. Il faut travailler le sol en surface, apporter une bonne quantité plantationde compost de déchets verts l’automne précédent la plantation, faire des sillons plus profonds sur les rangs ou creuser des trous d’environ 1 m de profondeur, enterrer l’arbre bien en dessous du collet. Apporter également du phosphore et des engrais liquides pour une bonne reprise des racines

Pour supporter la sécheresse, il faut prévoir un arrosage les 2 premières années, depuis le mois d’avril jusqu’aux pluies d’automne. A raison de 50 L / semaine / arbre, les jeunes plants pourront former de nouvelles racines rapidement et résister d’eux même aux fortes chaleurs.

Préférez les variétés locales à planter, elles résisteront mieux aux conditions climatiques et aux sols de nos régions. Espacez vos oliviers d’au moins 6m, voire 8m pour certaines variétés très poussantes comme l’Olivière ou le Cailletier. Et pensez à laisser de la place au bout de la rangée pour tourner en tracteur !

Après plantation, mettez des tuteurs assez gros coté vent et attachez les arbres avec du lien flexible en tissu. Puis surveillez l’apparition de nouvelles pousses qui seront la preuve d’une reprise des oliviers.

Comment et quand tailler son olivier

tailleP1010277A partir de mi-février, quand plus aucun gel n’est annoncé, on peut tailler son ou ses oliviers. On peut tailler jusqu’en avril ou même mai, l’olivier supportera très bien. Il faut tailler tous les ans ou tous les 2 ans au maximum.

Le principe est assez simple : dégager l’intérieur de l’arbre mais en laissant quand même quelques pousses pour une restructuration future et un « chapeau » en haut pour limiter les brûlures sur charpentières, former un cylindre à l’extérieur pour que les branches hautes ne fassent pas d’ombre sur les branches du bas. Rabattre à la hauteur de récolte.

En pratique, c’est plus compliqué !!! N’hésitez pas sur les vieux arbres à enlever des charpentières s’il y a trop de gros bois par rapport au feuillage : cela fera des « trous » mais qui se combleront avec du petit bois porteur de fruits.

Il vaut mieux une taille douce annuelle qu’une forte taille tous les 3 ans !

Fertiliser son olivier : utilisation du sol et des engrais

Fin février, c’est l’époque d’apporter à l’olivier de quoi se nourrir. L’olivier n’a pas besoin de beaucoup de nourriture pour vivre, il peut se contenter de ce qu’il trouve dans le sol même si depuis de nombreuses années, aucune fertilisation n’est apportée. Mais dans ce cas, ne lui demandez de produire tous les ans avec beaucoup d’olives  !

Comme toute plante, l’olivier est dépendasolnt du sol dans lequel il pousse. Ce sol lui sert de support et d’ancrage, mais également de source de nourriture et d’eau. C’est banal mais c’est souvent oublié !

Un sol idéal pour l’olivier est un sol calcaire, de pH > 8, filtrant donc caillouteux ou sableux, exposé de préférence au sud, peu gélif, un peu profond.

Le sol nourrit l’arbre : il contient tous les éléments dont une plante a besoin. Outre les 3 éléments principaux azote (N), phosphore (P) et potasse (K), il apporte des éléments en moins grande quantité mais aussi indispensables à l’arbre : magnésium (Mg), fer (Fe), zinc (Zn), manganèse (Mn), bore (B)…. Un sol que l’on ne nourrit pas s’appauvrit (puisque les plantes puisent dans le sol) et ne pourra plus jouer son rôle nourricier. Il faut donc tous les ans lui apporter ce dont les oliviers ont besoin (éléments, eau) mais aussi de la matière organique pour que les micro-organismes puissent jouer leur rôle de décomposeur, dépollueur, transformateur… eh oui ! tout ça !!!

Olivarbo - Apport de grignons d'olivesLe sol abreuve l’arbre : les plantes ont besoin d’eau pour vivre et c’est encore le sol qui leur apporte cet élément essentiel. Le sol doit être un peu argileux pour garder une réserve d’eau pour les plantes, mais pas trop car l’olivier n’aime pas que ses racines soient noyées !

L’apport de nourriture : pour qu’un olivier produise, il faut donc lui apporter de l’eau et des engrais, surtout dans les sols pauvres et secs sur lesquels les oliviers sont souvent implantés. En quantité annuelle, l’arbre aura compostbesoin de : azote (N) 100 U ou 400 g/arbre, phosphore (P) 50 U ou 200 g/arbre, potasse (K) 100 U ou 400 g/arbre, magnésium (Mg) 25 U ou 100 g/arbre + des oligoéléments essentiels en petite quantité (Bore, Manganèse, Zinc, Fer).

Pour apporter ces éléments à l’olivier, on utilise des engrais, disponibles dans toutes jardineries ou distributeur professionnel. Il y a les engrais minéraux, qui peuvent contenir uniquement les 3 principaux éléments (NPK+Mg), ou des engrais plus complets avec des oligo-éléments, également des engrais organiques souvent plus complets car issus de fumiers, compost.. mais souvent moins dosés en éléments. Il existe aussi des organo-minéraux qui combinent l’apport de matières organiques et un complément chimique en éléments.

Ces engrais doivent être apportés tous les ans, en plusieurs fois, en mars, avril, encore en mai s’il est pluvieux et encore une petite quantité en septembre.

Et bien plus encore : n’oubliez pas d’apporter également de la « nourriture » au sol, sous forme de déchets verts, compost, grignons d’olives, fumier peu pailleux…. ça s’appelle de la matière organique et ça permet au sol de vivre et de jouer son rôle nourricier et décomposeur.

Entretien de l’olivier mois par mois

Comme tout arbre fruitier, l’olivier demande de l’entretien et une attention tous les ans renouvelés. Selon les maladies, les ravageurs, la pousse des arbres, la production, les aléas climatiques,  les interventions peuvent être tous les ans les mêmes ou au contraire bien différentes. Le tableau suivant vous donne mois par mois, les actions et les observations essentielles à faire sur l’olivier :

janvier : préparation de la fertilisation (calculs et commande des engrais) et travail du sol

février : apport d’engrais, de compost, de fumiers – traitement au cuivre contre l’oeil de paon – début de la taille

mars : taille – observation des foyers de cochenilles ou d’autres ravageurs hivernants dans l’olivier (rameaux secs…) – traitement contre l’oeil de paon si nécessaire

avril : broyage herbe – début de l’irrigation si hiver sec – apport d’engrais potassique – observation et traitements des xylophages sur jeunes arbres (pyrale du jasmin, otiorrhynque…)

mai : irrigation si nécessaire – traitement contre la teigne si nécessaire

juin : irrigation – mise en place du piégeage contre la mouche de l’olive et traitements sur les olives précoces – broyage de l’herbe, ou passage de griffes ou disques, enfouissement engrais vert

juillet : irrigation – suivi de la mouche et traitements si nécessaire

août : irrigation – suivi de la mouche et traitements – traitement contre la cochenille si nécessaire – observation et traitement contre la pyrale du jasmin sur jeune verger

septembre : irrigation si nécessaire – suivi de la mouche et traitements – apport d’engrais – traitements contre l’oeil de paon si nécessaire – récoltes des olives de table vertes précoces

octobre : broyage d e l’herbe ou passage d’une griffe avant la récolte – traitements contre la mouche pour les variétés tardives – récolte des olives de table vertes tardives – début de récolte olives à huile précoces

novembre : récolte

décembre : fin de récolte – apport de matière organique au sol