Guide de diagnostic
Reconnaître les maladies de l’olivier, en photos
Un olivier qui jaunit, se dégarnit ou se couvre de taches n’est pas forcément malade. Sur un arbre en pot, et souvent en pleine terre, l’eau, le froid ou l’ombre expliquent ces signes plus souvent qu’un champignon. Les maladies de l’olivier existent bien, une dizaine reviennent dans les jardins français, mais chacune laisse une marque précise, à un endroit précis de l’arbre, à une saison précise.
D’où la méthode : partir de ce que tu vois, là où tu le vois, avant de mettre un nom dessus.
Le diagnostic
Trouver ce qui touche ton olivier, en trois questions
Clique sur l’arbre à l’endroit où tu vois le problème, ou choisis dans la liste. Chaque réponse resserre les pistes, jusqu’à la cause la plus probable et le guide à lire.
Avant tout
D’abord l’eau, le froid et la lumière
En revanche, si ton olivier vit en pot, commence par le terreau. Un substrat toujours humide fait tomber des feuilles encore vertes ; un substrat sec depuis des semaines fait jaunir les plus vieilles en premier. Aucun traitement n’y change rien. Enfonce un doigt sur trois ou quatre centimètres : la réponse est souvent là.
Le gel laisse une signature à part : des feuilles qui brunissent en quelques jours, souvent du même côté, et une écorce qui se fend sur les jeunes rameaux. Installé en pleine terre, l’arbre encaisse -10 à -15 °C selon la variété ; en pot, beaucoup moins, parce que ses racines gèlent les premières. Le manque de lumière, lui, dégarnit l’intérieur et le bas de la ramure. Le guide sur l’olivier qui perd ses feuilles reprend ces causes une à une.
Les feuilles
Les taches sur les feuilles
Deux champignons se partagent presque toutes les taches. L’œil de paon marque le dessus de la feuille de taches rondes, brun foncé, souvent cerclées de jaune, comme l’ocelle d’une plume de paon. Il part des branches basses, là où l’air circule mal, et profite des pluies tièdes, entre 15 et 20 °C, au printemps et à l’automne. La feuille jaunit puis tombe, si bien qu’un arbre très atteint se dénude par le bas. Son cycle est dans le guide de la maladie de l’œil de paon.
Dessous, c’est la cercosporiose qui se cache. Retourne une feuille jaunie : un feutrage gris plombé sur la face inférieure, d’où son surnom de « plomb de l’olivier », la désigne sans hésitation. Elle ne touche que les feuilles de plus d’un an et avance lentement, donc on la remarque tard. Le guide sur la cercosporiose de l’olivier donne les variétés sensibles, et celui sur les maladies des feuilles d’olivier compare les deux.
Les rameaux
Le noir, le blanc et le collant sur les rameaux
Un dépôt noir comme de la suie, c’est la fumagine : un champignon qui ne parasite pas l’arbre mais pousse sur le miellat, le liquide sucré que rejettent certains insectes, et lui vole la lumière. Elle part à l’ongle. Le vrai problème est donc l’insecte qui la nourrit, presque toujours la cochenille noire : de petits boucliers bombés de 3 à 4 mm, collés aux rameaux, marqués d’un relief en forme de H. Le guide de la cochenille noire de l’olivier explique pourquoi les fourmis qui montent au tronc la trahissent.
Le coton blanc du printemps vient le plus souvent du psylle, un insecte de quelques millimètres qui s’abrite sous ses sécrétions cireuses, sur les grappes de fleurs et les jeunes pousses, et régresse avec la chaleur de l’été. Un coton qui reste toute l’année, à l’aisselle des feuilles, est plutôt celui d’une cochenille farineuse, comme l’explique le guide sur le coton blanc de l’olivier.
Les fleurs et les pousses
Les fleurs et les jeunes pousses grignotées
Des boutons floraux collés par de fins fils de soie, une minuscule chenille dedans : c’est la teigne de l’olivier. Ce petit papillon gris argenté fait trois générations par an, et chacune vise un organe : les feuilles en hiver, les fleurs au printemps, les olives en été. Le moment compte donc plus que le produit, et le guide de la teigne de l’olivier donne le calendrier.
Des feuilles rongées au bout des pousses, parfois réunies par une toile légère, sur un jeune arbre ou en pot, font plutôt penser à la pyrale du jasmin, dont la chenille verte aime les tissus tendres ; sa deuxième génération ronge aussi les jeunes olives, comme le décrit le guide sur la pyrale de l’olivier. Les jeunes sujets cumulent ces fragilités, reprises dans le guide sur les maladies des jeunes oliviers.
Le tronc et les branches
Le tronc et les branches qui sèchent
Des excroissances rugueuses, de la taille d’un pois à celle d’une noix, sur les rameaux ou le tronc : c’est la tuberculose de l’olivier, une bactérie. Elle entre par les plaies de grêle, de gel ou de taille. D’où la règle : on taille par temps sec et on désinfecte la lame entre deux arbres. Aucun produit ne fait disparaître une galle ; on coupe le rameau un peu en dessous.
Une branche qui sèche d’un coup en été, d’un seul côté, feuilles brunes restées accrochées, fait craindre la verticilliose. Ce champignon du sol bouche les vaisseaux qui montent la sève. Écorce un rameau sec au couteau : un bois marbré de brun la confirme, un bois clair oriente vers un manque d’eau ou le gel. Rien ne la guérit, d’où l’intérêt du diagnostic ; le guide sur la verticilliose de l’olivier dit quand un arbre se sauve.
Les olives
Les olives piquées ou tachées
Sur les fruits, l’ennemi principal est la mouche de l’olive. La femelle pond sous la peau dès que l’olive atteint environ un centimètre, en général à partir de juillet ; l’asticot creuse une galerie vers le noyau, et l’olive tombe ou donne une huile plus acide. Une fois la ponte faite, plus rien n’agit : la protection se pose avant, comme le détaille le guide de la mouche de l’olive.
Des taches brunes, rondes et un peu creusées sur des olives encore vertes, en fin d’été, annoncent la dalmaticose. Ce champignon entre presque toujours par une piqûre d’insecte, de la mouche ou d’une petite cécidomyie : lutter contre la mouche est donc la première protection. Une olive qui tombe en septembre, percée près du pédoncule, raconte une autre histoire, celle de la génération d’été de la teigne. Le guide de la dalmaticose aide à séparer ces dégâts.
À signaler, pas à traiter
Xylella, la seule qu’on ne traite pas soi-même
Xylella fastidiosa est la bactérie qui a fait mourir des millions d’oliviers dans les Pouilles, au sud de l’Italie, depuis 2013. Elle bouche les vaisseaux et donne des feuilles brûlées depuis la pointe, puis des rameaux entiers qui sèchent : à s’y méprendre, une sécheresse. En France, elle est présente en Corse et en Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis 2015, en Occitanie depuis 2020, et deux oliviers contaminés ont été confirmés en 2019, à Menton et à Antibes, sans les dépérissements vus en Italie.
C’est un organisme de quarantaine. Au moindre doute, on ne coupe rien et on ne traite rien : on signale l’arbre à la DRAAF ou à la FREDON de sa région, qui font l’analyse. Le signalement est obligatoire.
Les sosies
Les sosies, et le geste qui les départage
La plupart des erreurs de diagnostic viennent d’un symptôme qui en imite un autre. Chaque fois, un geste d’une minute tranche, sans loupe ni produit.
| Ce que tu vois | Les pistes | Le geste qui tranche |
|---|---|---|
| Des feuilles qui jaunissent et tombent | Excès d’eau ou œil de paon | Ramasse des feuilles tombées. Des taches rondes : œil de paon. Aucune : doigt dans le terreau. |
| Des feuilles jaunies, sans tache dessus | Cercosporiose ou carence | Retourne la feuille. Un feutrage gris dessous : cercosporiose. |
| Des taches noires sur les feuilles | Fumagine ou œil de paon | Frotte à l’ongle. La fumagine s’en va, l’œil de paon reste dans la feuille. |
| Du coton blanc | Psylle ou cochenille farineuse | Regarde la date : au printemps sur les fleurs, le psylle ; toute l’année à l’aisselle des feuilles, la cochenille. |
| Des bosses sur les rameaux | Tuberculose ou cochenille | Gratte : une cochenille se décolle, une galle fait corps avec le bois. |
| Une branche sèche en été | Verticilliose ou manque d’eau | Écorce un rameau. Bois marbré de brun : verticilliose. Bois clair : eau ou gel. |
| Un feuillage brûlé d’un coup | Gel, sécheresse ou Xylella | Une nuit de gel ou des semaines sans eau expliquent tout. Sinon, on signale l’arbre. |
| Une olive tachée ou tombée | Mouche, dalmaticose ou teigne | Ouvre-la. Un asticot : la mouche. Une tache creuse autour d’une piqûre : la dalmaticose. Un trou près du pédoncule : la teigne. |
Traiter
Traiter : le bon geste au bon moment
Les champignons des feuilles se préviennent au cuivre, avant les pluies de printemps et d’automne : le cuivre protège la feuille saine, il ne guérit pas une feuille tachée. La dose est celle de l’étiquette, jamais une dose au jugé. Les guides sur les traitements au cuivre de l’olivier et sur la bouillie bordelaise détaillent les passages.
Chaque insecte a sa parade : l’argile blanche et le piégeage contre la mouche, le Bacillus thuringiensis, une bactérie naturelle, contre les chenilles de teigne et de pyrale, l’huile blanche contre les jeunes cochenilles. Coccinelles et petites guêpes parasites font une bonne part du travail si on leur aménage un refuge. Le diméthoate, encore cité contre la mouche dans de vieux articles, n’est plus autorisé dans l’Union européenne depuis 2019.
Restent la verticilliose et la tuberculose, qui ne se soignent pas : on coupe le bois atteint par temps sec, on désinfecte les outils, on garde l’arbre vigoureux. Et Xylella, qui se signale.
Le calendrier
Le calendrier de surveillance, saison par saison
Chaque problème a sa saison, donc cinq rendez-vous suffisent dans l’année.
Mars et avril
Les feuilles après chaque pluie : œil de paon, cercosporiose. Premier passage de cuivre, après la taille.
Avril à juin
Les fleurs : coton du psylle, boutons liés par la teigne. Les boucliers de cochenille, qui pondent dès mai.
Juillet à septembre
Les olives dès un centimètre : piqûres de mouche, puis dalmaticose. Les branches qui sèchent d’un côté.
Octobre et novembre
Les pluies relancent les champignons des feuilles : second passage de cuivre, avant elles. Les galles après la grêle.
Décembre à février
Les dégâts de gel. L’arbre au repos laisse voir les galles et le bois mort.