Des feuilles décapées par-dessous jusqu’à devenir translucides, d’autres découpées depuis le bord, des bourgeons terminaux rongés au bout des jeunes pousses : sur un olivier de deux ou trois ans, c’est la signature de la pyrale de l’olivier, qu’on appelle aussi pyrale du jasmin. Sa chenille verte préfère les tissus tendres, d’où son goût pour les jeunes arbres.
En revanche, sur un olivier adulte, ses dégâts restent le plus souvent sans conséquence. Tout l’enjeu est donc de savoir sur quel arbre on la trouve, et de ne pas la confondre avec deux autres papillons de l’olivier.
Ce que fait la pyrale, et où la chercher
| Le ravageur | La pyrale du jasmin, Palpita vitrealis (anciennement unionalis), un papillon blanc nacré d’environ 3 cm. |
| La chenille | Verte, jusqu’à 18 à 20 mm, sous les jeunes feuilles et au bout des pousses. |
| Les olives | La deuxième génération ronge les olives en formation. |
| Les arbres à risque | Les jeunes plantations de 1 à 3 ans et les pépinières. Sur un arbre adulte, les dégâts sont en général insignifiants. |
| La lutte | Le Bacillus thuringiensis, autorisé en bio, sur les jeunes chenilles, et seulement sur les jeunes arbres. |
Les dégâts, des pousses aux olives
La chenille commence petite et discrète : elle mange le dessous des jeunes feuilles sans les percer, et la feuille prend par plaques un aspect translucide. En grandissant, elle découpe le limbe depuis le bord, attaque le bourgeon terminal et réunit parfois deux ou trois feuilles par quelques fils. Le rameau cesse de s’allonger et l’arbre se ramifie mal, surtout en pépinière.

La deuxième génération change de cible : ses chenilles s’attaquent aux olives en formation et peuvent les ronger jusqu’au noyau. Une olive entamée de l’extérieur n’a donc rien à voir avec la piqûre de la mouche de l’olive, qui pond sous la peau et laisse un asticot à l’intérieur d’un fruit intact en apparence.
Reconnaître la chenille et le papillon
La chenille naît jaune pâle et verdit en grandissant, jusqu’à 18 à 20 mm à son dernier stade, la tête jaunâtre. Elle se tient sous la feuille ou à l’abri des feuilles qu’elle a réunies, facile à manquer d’un coup d’œil.

Le papillon vole la nuit et se repère au repos : un triangle blanc aux ailes semi-transparentes, d’aspect satiné, bordées de brun à l’avant et marquées de deux petits points noirs. La femelle pond sur les feuilles tendres, jusqu’à six cents œufs selon la fiche de l’INRAE, d’où les attaques brusques sur un jeune arbre qui paraissait sain la semaine d’avant.
Trois papillons qu’on confond sur l’olivier
Trois chenilles de papillons s’en prennent à l’olivier, et beaucoup de pages les mélangent. Elles ne travaillent pourtant pas au même endroit, ce qui suffit à les séparer.

| Ravageur | Où chercher | Ce qu’on voit |
|---|---|---|
| Pyrale du jasmin | Le bout des jeunes pousses, puis les olives en formation | Feuilles décapées ou découpées, chenille verte jusqu’à 2 cm |
| Teigne de l’olivier | Les feuilles en hiver, les fleurs au printemps, les olives en été | Boutons floraux liés par la soie, chenille de moins d’un centimètre ; olives qui tombent en septembre, percées près du pédoncule |
| Pyrale du tronc | Le collet, les fourches des branches, les crevasses du tronc | Sciure brune et excréments liés par des fils de soie, extrémités de l’arbre qui sèchent |
La pyrale du tronc, Euzophera pinguis, est la plus grave des trois : ses galeries coupent la circulation de la sève, et selon l’INRAE, cinq à six chenilles peuvent suffire à tuer un arbre. Elle pond dans les crevasses de l’écorce, d’où l’intérêt de tailler proprement et de limiter les plaies. La teigne, elle, a son propre calendrier, détaillé dans le guide de la teigne de l’olivier.
Traiter, et surtout savoir quand s’abstenir
Sur un olivier adulte, on ne traite pas la pyrale du jasmin. Ses dégâts restent insignifiants, et ses ennemis naturels font une bonne part du travail : punaises prédatrices, chrysopes et petites guêpes parasites, dont certaines pondent dans ses œufs. Un insecticide à large spectre les tuerait avec elle, d’où l’intérêt de leur aménager un refuge.
Sur un arbre de moins de trois ans, en pot ou en pépinière, surveille le bout des pousses au printemps. Quelques chenilles s’enlèvent à la main, et une pousse très atteinte se coupe. Au-delà, le Bacillus thuringiensis, une bactérie qui ne touche que les chenilles de papillons, agit sur les jeunes chenilles : pulvérise-le dès les premières feuilles décapées, et renouvelle après la pluie, qui le lessive. La dose est celle de l’étiquette. Les autres fragilités des jeunes sujets sont reprises dans le guide sur les maladies des jeunes oliviers.
Les pièges à phéromones vendus pour la pyrale servent à suivre les vols, pas à protéger l’arbre : ils disent quand les papillons volent, donc quand regarder les pousses.
Le calendrier de la pyrale
Deux à trois générations par an selon l’INRAE, jusqu’à quatre en Corse selon la FREDON.
| Hiver | Les chenilles hivernent sur l’arbre. Rien à faire. |
| Printemps | Premiers vols, premières feuilles décapées au bout des pousses : le moment de surveiller et, sur un jeune arbre, d’agir. |
| Début de l’été | La deuxième génération peut entamer les olives en formation. |
| Jusqu’à l’automne | D’autres générations, tant que l’arbre fait des pousses tendres. |

Quinze ans passés sur le terrain, dans les vergers et les oliveraies, avant de fonder Olivarbo. Sa mission : rendre l’arboriculture accessible à tous, qu’on soit propriétaire d’un seul olivier ou gestionnaire d’un verger entier. Elle partage ici ses conseils avec la même passion qui l’anime depuis le début, sans jargon inutile et sans détour.
