La première fois que j’ai préparé des olives en saumure, c’était un dimanche d’octobre avec un kilo d’olives vertes récolté sur un petit arbre que j’avais planté quelques années plus tôt. Honnêtement ? Je ne savais pas vraiment ce que je faisais. J’avais suivi une recette de mémoire, j’avais improvisé sur les aromates… et deux mois plus tard, j’avais ouvert mon bocal avec une certaine appréhension. Elles étaient délicieuses. Parfaitement salées, bien parfumées, avec cette texture ferme et cette légère amertume résiduelle que les olives industrielles n’ont jamais.
La saumure, c’est l’une des méthodes de conservation les plus ancestrales qui soit (les Grecs et les Romains la pratiquaient déjà) et franchement simple à réaliser à la maison. Pas besoin d’équipement particulier. Juste de l’eau, du sel, des aromates, et de la patience 🍃
Les Points Clés à Retenir
| Paramètre | Valeur recommandée |
|---|---|
| Étape préalable obligatoire | Désamérisation (trempage eau renouvelée 10-20 jours) |
| Ratio saumure | 80 à 100 g de sel par litre d’eau |
| Temps avant dégustation | 4 à 6 semaines minimum |
| Conservation | 1 à 2 ans, bocaux toujours immergés |
| Olives utilisables | Vertes (cueillies avant maturité) ou noires (mûres) |
La désamérisation : l’étape qu’on ne saute pas
Avant de parler de saumure, il faut parler de l’amertume. Les olives fraîchement récoltées sont immangeables telles quelles, à cause de l’oleuropéine (un composé naturel présent dans la pulpe, soluble dans l’eau) qui disparaît progressivement lors d’un trempage prolongé.
La méthode la plus simple et la plus naturelle : tremper les olives dans un grand bac d’eau froide en changeant l’eau chaque jour. Les olives vertes demandent 15 à 20 jours, les noires un peu moins (10 à 15 jours). Goûte régulièrement à partir du 7ème jour pour juger l’amertume résiduelle. Une légère amertume est normale et même souhaitable, c’est ce qui distingue une olive maison d’une olive industrielle traitée à la soude. Pour tout savoir sur les méthodes de désamérisation, tu peux consulter notre article dédié sur la désamérisation des olives.

Ingrédients pour 1 kg d’olives
- 1 kg d’olives désamérisées (vertes ou noires)
- 1 litre d’eau
- 80 à 100 g de gros sel de mer non iodé (le sel iodé peut altérer la fermentation)
- Aromates : laurier, thym, brins de fenouil, graines de coriandre, clous de girofle, ail, zeste de citron…
- Des bocaux en verre à fermeture hermétique stérilisés (type Le Parfait)

La recette étape par étape
- Préparer la saumure : porter à ébullition 1 litre d’eau avec le gros sel. Laisser frémir 3-4 minutes pour bien dissoudre. Ajouter les aromates si on choisit de les chauffer (voir astuce ci-dessous).
- Laisser refroidir complètement, c’est crucial. Une saumure chaude ramollit les olives et perturbe la fermentation. Attendre qu’elle soit à température ambiante, voire à réfrigérateur.
- Rincer et égoutter les olives désamérisées.
- Remplir les bocaux propres et secs. Ne pas tasser, les olives doivent pouvoir baigner librement. Laisser 2 cm en haut du bocal.
- Verser la saumure froide jusqu’à couvrir complètement les olives. Elles doivent rester immergées : une rondelle de citron, un petit disque de bois ou une feuille de laurier rigide peuvent servir à les maintenir sous le liquide.
- Fermer hermétiquement et stocker à l’abri de la lumière dans un endroit frais (cave, placard).
- Patienter : 4 à 6 semaines avant la première dégustation. Plus tu attends, meilleures elles seront.

Tableau des ratios selon l’usage
| Type de conservation | Quantité de sel / litre | Durée de conservation | Remarques |
|---|---|---|---|
| Consommation rapide (frigo) | 60-70 g/L | 1-3 mois | Olives plus douces |
| Conservation standard (cave) | 80-100 g/L | 1-2 ans | Méthode classique recommandée |
| Conservation longue durée | 100-120 g/L | 2 ans+ | Rincer avant de manger |
Les aromates : crée ta signature
Tu peux vraiment composer ta propre saumure. Les classiques provençaux : fenouil + laurier + graines de coriandre. Pour une note italienne : romarin + ail + piment rouge séché. Des clients à moi jurent par la combinaison citron confit + cardamome : surprenant mais vraiment bon !
Une astuce que j’ai apprise d’une productrice du Var : ajoute les aromates froids dans la saumure refroidie plutôt que pendant l’ébullition. Les huiles essentielles des herbes se préservent bien mieux ainsi et parfument plus délicatement.
Les erreurs qui gâchent tout
J’en vois passer dans les ateliers. Régulièrement. Les mêmes.
Bocaux mal stérilisés : une bactérie indésirable dans un bocal tiède, et toute la saumure tourne. Stérilise toujours tes bocaux : 15 minutes dans l’eau bouillante, ou 10 minutes au four à 110 °C. Ne les essuie pas : laisse sécher à l’air.
Olives qui remontent à la surface : le contact avec l’air provoque l’oxydation et le développement de moisissures. Une feuille de laurier coincée sous le couvercle, ou un petit poids de cuisine, maintient les olives immergées sans effort.
Sel iodé à la place du gros sel marin : l’iode inhibe la fermentation lactique naturelle. Résultat : une saumure qui ne « travaille » pas et des olives fades. Toujours du gros sel non iodé.
Ouvrir trop tôt : l’impatience est vraiment l’ennemi numéro un. Avant 4 semaines, tu vas goûter une olive encore âpre et conclure que tu as raté. Attends. La fermentation fait son travail lentement mais sûrement.
Et si les olives restent trop amères ?
Tu vois, même après une désamérisation correcte, les olives maison gardent une légère amertume résiduelle que les olives industrielles n’ont pas — parce que celles-ci sont traitées à la soude caustique, qui élimine l’oleuropéine en quelques heures. C’est normal, et c’est ce caractère qui leur donne leur typicité.
Bon, si après 2 mois de saumure elles te semblent encore trop amères, elles ont simplement besoin de plus de temps. J’ai récupéré des bocaux oubliés après un an : complètement transformés, ronds, savoureux. La fermentation lactique continue de travailler lentement. La patience est vraiment l’ingrédient secret ✨
L’AFIDOL (Association Française Interprofessionnelle de l’Olive) publie des guides techniques détaillés sur la préparation des olives à destination des particuliers comme des professionnels.

Quinze ans passés sur le terrain, dans les vergers et les oliveraies, avant de fonder Olivarbo. Sa mission : rendre l’arboriculture accessible à tous, qu’on soit propriétaire d’un seul olivier ou gestionnaire d’un verger entier. Elle partage ici ses conseils avec la même passion qui l’anime depuis le début, sans jargon inutile et sans détour.

