Taille du kiwitier : quand et comment tailler pour une bonne récolte

juillet 30, 2026

Concrètement, le kiwitier est une liane qui ne demande qu’une chose : qu’on la remette régulièrement à sa place. Sans taille, elle grimpe, s’enchevêtre, produit des fruits ridicules et finit par ressembler à un fouillis végétal ingérable. J’ai vu des kiwitiers abandonnés pendant trois ans qui nécessitaient une demi-journée de démêlage rien que pour retrouver la charpente. Autant vous dire qu’une taille régulière vous évite bien des sueurs.

Dans cet article, je vous explique précisément quand et comment tailler votre kiwi, selon son âge et la période de l’année, pour garantir une production abondante et des fruits de qualité.

Les points clés à retenir

Type de taillePériodeObjectif
Taille de formationFin d’hiver, années 1 et 2Structurer la charpente principale
Taille d’hiverDécembre à févrierNettoyer et stimuler la fructification
Taille en vertJuillet-aoûtConcentrer l’énergie sur les fruits

Pourquoi et quand tailler le kiwi

Soyons clairs : le kiwi fructifie exclusivement sur le bois de l’année, c’est-à-dire sur les jeunes pousses qui se développent à partir des rameaux de l’année précédente. Sans taille régulière, la plante s’épuise à produire une masse de feuillage stérile plutôt que des fruits.

La taille poursuit donc deux objectifs concrets : contenir la vigueur de cette liane qui peut dépasser 8 à 10 mètres, et stimuler la fructification en concentrant la sève là où elle produit vraiment. En pratique, on distingue trois interventions dans l’année, chacune avec son rôle précis.

Attention à un point souvent négligé : le kiwi étant une plante dioïque, avec des pieds mâles et des pieds femelles distincts, seuls les pieds femelles (et les autofertiles) produisent des fruits. La taille reste nécessaire sur le pied mâle également, mais avec un objectif purement structurel, sans souci de fructification.

La taille de formation les deux premières années

Sur un jeune plant, l’objectif est de construire une charpente solide avant de penser rendement. Voici comment je procède, année après année :

  • À la plantation, rabattez la tige principale à environ 30 cm du sol. Ce geste, un peu brutal en apparence, stimule l’émission de rameaux latéraux vigoureux.
  • L’hiver suivant, sélectionnez une ou deux tiges bien développées pour former la charpente définitive, et palissez-les à l’horizontale sur votre support (pergola, fils tendus, treillage).
  • Éliminez sans hésiter les pousses secondaires trop faibles ou mal orientées : elles ne feront que consommer de l’énergie inutilement.

Concrètement, ces deux premières années demandent de la patience. Le kiwi ne produira ses premiers fruits significatifs qu’à partir de la troisième ou quatrième année. C’est long, je sais, mais c’est le prix d’une charpente qui tiendra ensuite plusieurs décennies.

Jeune plant de kiwi rabattu à la plantation

La taille d’hiver sur pieds établis

À partir de la troisième année, place à la taille d’hiver, réalisée entre décembre et février, avant la reprise de la végétation et en dehors des périodes de gel.

Avant toute chose, il faut démêler la liane. Le kiwi s’enroule naturellement autour de son support et de lui-même au fil de la saison, sans intervention le résultat devient vite illisible. Prenez le temps de dérouler soigneusement les rameaux sans les casser, avant de commencer réellement la coupe.

Démêlage d'un rame de kiwi

Une fois la charpente dégagée et étalée à l’horizontale, procédez ainsi :

  • Supprimez les rameaux ayant fructifié l’année précédente, en coupant au-dessus du 3ᵉ ou 4ᵉ bourgeon à partir de leur point d’insertion sur la charpente.
  • Éliminez les branches mortes, cassées ou mal orientées, pour aérer la structure et faciliter la pénétration de la lumière.
  • Sur les rameaux les plus vigoureux, n’hésitez pas à réduire de moitié leur longueur pour équilibrer la production.

⚠️ Attention aux outils : utilisez toujours un sécateur propre et bien affûté, désinfecté entre deux sujets si vous intervenez sur plusieurs plants. Le kiwi est sensible à des bactérioses (notamment le PSA) qui se propagent facilement par du matériel contaminé, et les plaies de taille constituent des portes d’entrée idéales pour ces pathogènes.

Taille d'un rameau de kiwi en hiver

La taille en vert d’été

En juillet-août, lorsque les jeunes fruits atteignent la taille d’une noisette, une seconde intervention s’impose : la taille en vert.

Le principe est simple : raccourcissez les rameaux porteurs de fruits à 2 ou 3 feuilles au-dessus de la dernière grappe. Cette coupe concentre l’énergie de la plante sur le grossissement des fruits déjà formés plutôt que sur une croissance végétative supplémentaire qui, de toute façon, ne produira rien cette année-là.

💡 Cette taille estivale limite également l’enchevêtrement de la végétation en pleine saison de croissance, ce qui facilite grandement le travail de taille d’hiver suivant. Un kiwi correctement taillé en été se démêle en une fraction du temps l’hiver d’après.

Taille en vert d'été

Erreurs à éviter

🔍 Sur le terrain, je vois régulièrement les mêmes erreurs se répéter d’un jardin à l’autre :

  • Tailler trop tard en hiver, une fois la sève déjà remontée : les plaies saignent abondamment et affaiblissent inutilement la plante.
  • Négliger le démêlage préalable, ce qui conduit à des coupes mal positionnées et une charpente désorganisée d’année en année.
  • Confondre bois de l’année et vieux bois : ne taillez jamais l’intégralité des jeunes pousses de l’année, elles porteront la récolte suivante.
  • Laisser le pied mâle livré à lui-même, sous prétexte qu’il ne produit pas de fruits : une charpente en désordre finit par étouffer les pieds femelles voisins.
Charpente dédorganisée d'un kiwitier non taillé

Concrètement, la taille du kiwi n’a rien de sorcier une fois la logique comprise : on structure les deux premières années, on nettoie et stimule chaque hiver, on concentre l’énergie chaque été. Trois gestes simples, répétés avec régularité, pour une liane qui vous récompensera généreusement pendant des décennies.