Comment planter son olivier : le guide complet (vraiment complet)

janvier 23, 2026

Il y a deux ans, un client m’a appelée en catastrophe. Il venait d’acheter un olivier centenaire magnifique – un Picholine de 3 mètres de haut, tronc tortueux, une vraie pièce de collection. Le problème ? Il l’avait planté lui-même trois semaines plus tôt et l’arbre dépérissait à vue d’œil.

Quand je suis arrivée sur place, j’ai compris tout de suite : le trou était trop profond, le sol était gorgé d’eau, et l’olivier avait été enterré jusqu’à la base des premières branches. Un massacre.

Heureusement on a pu le sauver (en le déterrant et en recommençant proprement), mais ça m’a rappelé un truc important : planter un olivier, c’est pas sorcier, mais y’a des règles de base qu’il faut absolument respecter. Et aujourd’hui, je vais tout te partager.

Les points clés à retenir

ÉtapePoints essentiels
Choix de l’emplacementPlein soleil, sol drainant, à l’abri des vents froids
Meilleure périodeMars à juin ou septembre-octobre
Taille du trouDiamètre = motte + 80-100 cm / Profondeur = motte + 30 cm
DrainageCouche de graviers de 20 cm au fond (sols lourds)
Arrosage initialCopieux à la plantation, puis régulier la 1ère année
Distance entre oliviers6 mètres minimum pour une bonne production

Avant de planter : les questions à se poser

Votre climat est-il adapté ?

Bon, soyons honnêtes : l’olivier c’est pas un arbre pour la Bretagne nord ou la Picardie (même si on en voit de plus en plus avec le réchauffement climatique). L’olivier supporte des températures jusqu’à -12°C, voire -15°C pour les variétés les plus rustiques, mais c’est vraiment le grand maximum.

Si tu habites au nord de la Loire, c’est possible de planter un olivier en pleine terre, mais faut vraiment choisir le bon endroit : une exposition plein sud, idéalement contre un mur qui va restituer la chaleur la nuit. Et franchement, prends un olivier d’au moins 5 ans – plus il est âgé, plus il résiste au froid.

En dessous de -15°C en hiver ? La culture en pot sera plus sûre.

Pleine terre ou pot ?

Alors ça, c’est LA question que tout le monde me pose.

En pleine terre :

  • L’olivier va se développer pleinement
  • Moins d’entretien une fois installé
  • Production d’olives possible (si variété adaptée)
  • Mais… pas de retour en arrière possible

En pot :

  • Tu peux le rentrer l’hiver si besoin
  • Parfait pour terrasses et balcons
  • Plus de contrôle sur l’arrosage
  • Par contre, rempotage tous les 3 ans et arrosage plus régulier

Personnellement, si ton climat le permet et que t’as un jardin, je te conseille vraiment la pleine terre. Un olivier en pleine terre, c’est quand même autre chose qu’en pot.

Exemple de plantation en butte

Choisir le bon olivier

Jeune plant ou sujet âgé ?

Les jeunes oliviers (2-3 ans) :

  • Prix accessible
  • S’adaptent plus facilement
  • Mais patience : première récolte vers 7-8 ans

Les oliviers de 5-10 ans :

  • Bon compromis prix/résistance au froid
  • Structure déjà formée
  • Production possible dès 2-3 ans après plantation

Les vieux oliviers (50 ans et plus) :

  • Impact visuel immédiat
  • Très résistants au froid
  • Mais prix élevé et plantation plus compliquée

Bon, moi je conseille souvent des oliviers de 5 à 10 ans pour commencer. C’est le meilleur rapport qualité-prix, et franchement, regarder ton olivier grandir et se développer sur quelques années, c’est super gratifiant.

Comparaison jeune plant vs olivier centenaire

Quelle variété choisir ?

Ça dépend vraiment de ce que tu veux faire :

Pour l’ornement :

  • ‘Cipressino’ : port élancé, autofertile, résiste bien au froid
  • ‘Bouteillan’ : très rustique (jusqu’à -18°C !), croissance lente

Pour les olives de table :

  • ‘Lucques’ : grosses olives vertes, chair tendre
  • ‘Picholine’ : olive verte croquante, très productive

Pour l’huile :

  • ‘Aglandau’ : huile fruitée, très aromatique
  • ‘Frantoio’ : huile douce, arbre vigoureux

Un truc important : certaines variétés sont autofertiles (elles produisent seules), d’autres ont besoin d’un compagnon pollinisateur. Si tu ne plantes qu’un seul olivier et que tu veux des olives, choisis impérativement une variété autofertile.

Où planter votre olivier ?

L’exposition : le soleil avant tout

L’olivier a besoin de soleil, soleil, et encore soleil. Au minimum 6 heures par jour, idéalement toute la journée. C’est non négociable.

L’exposition plein sud ou sud-ouest est parfaite. Sud-est, ça marche aussi. Mais nord ou nord-ouest ? Franchement oublie, ton olivier va végéter et ne produira jamais rien.

Le vent : attention au mistral

L’olivier tolère assez bien le vent… mais pas les vents froids du nord. Si tu es dans une région ventée, essaie de trouver un emplacement à l’abri des vents dominants d’hiver.

Par contre, un peu de brise chaude en été, ça lui va très bien – ça limite même certaines maladies cryptogamiques.

Le sol : drainage, drainage, drainage

Si je devais retenir UN SEUL CRITÈRE pour le sol, ce serait le drainage. L’olivier déteste – vraiment, vraiment déteste – avoir les pieds dans l’eau.

Un bon test : creuse un petit trou de 30 cm, remplis-le d’eau, et regarde. Si l’eau met plus de 3-4 heures à s’évacuer complètement, ton sol est trop compact.

L’olivier aime les sols :

  • Caillouteux, rocailleux : parfait !
  • Sablonneux : très bien aussi
  • Argilo-calcaires légers : ça peut le faire
  • Argileux lourds : faut vraiment améliorer le drainage

En termes de pH, l’olivier s’accommode de sols légèrement acides à calcaires (pH 6 à 8,5). C’est vraiment pas difficile.

Distance de plantation

Si tu plantes plusieurs oliviers :

  • 6 mètres minimum entre chaque arbre pour une bonne production
  • 8-10 mètres pour un développement optimal

Et important : pense à l’avenir. Un jeune olivier de 1,50 m aujourd’hui va faire 5-7 mètres de large dans 20 ans. Garde tes distances avec la maison, le portail, la piscine…

Quand planter un olivier ?

La meilleure période

La période idéale dépend de ta région :

Au sud de la Loire :

  • Automne (septembre-octobre) : le top ! Le sol est encore chaud, les pluies aident à l’enracinement
  • Printemps (mars-mai) : très bien aussi

Au nord de la Loire :

  • Printemps uniquement (avril-mai) : évite l’automne, l’olivier n’aura pas le temps de s’installer avant l’hiver

Dans tous les cas, évite absolument :

  • Les périodes de gel
  • Les grosses chaleurs de juillet-août (sauf si tu peux arroser régulièrement)
  • Les périodes très pluvieuses

Comment planter un olivier : le guide étape par étape

Bon, maintenant qu’on a vu toute la théorie, passons à la pratique. Je vais te détailler ma méthode, celle que j’utilise depuis 15 ans et qui marche à tous les coups.

Étape par étape avec photos

Étape 1 : Préparer le trou de plantation

La taille du trou, c’est crucial. Vraiment.

Dimensions :

  • Diamètre : taille de la motte + 80 à 100 cm
  • Profondeur : hauteur de la motte + 30 cm

Exemple : si ta motte fait 40 cm de large et 35 cm de haut, ton trou devrait faire 120-140 cm de diamètre et 65 cm de profondeur.

Pourquoi aussi large ? Parce que tu veux que les premières racines qui vont se développer trouvent une terre ameublie, facile à coloniser. Dans un trou trop petit, les racines vont buter contre la terre compacte et l’olivier va galérer.

Schéma dimensions du trou de plantation

Étape 2 : Améliorer le drainage (si nécessaire)

Si ton sol est argileux ou retient l’eau :

  1. Au fond du trou, mets une couche de 20 cm de graviers ou de gros cailloux
  2. Par-dessus, ajoute 10 cm de gravier plus fin mélangé à du sable
  3. Puis une couche de terre légère (mélange terre du jardin + terreau + sable)

Si ton sol est déjà bien drainant (sablonneux, caillouteux), tu peux sauter cette étape.

Étape 3 : Préparer le mélange de plantation

Mélange dans une brouette :

  • 60% terre du jardin (la terre que tu as extraite du trou)
  • 30% terreau (de préférence pour plantes méditerranéennes)
  • 10% sable grossier (optionnel si ta terre est déjà légère)

Tu peux ajouter une poignée de corne broyée (engrais organique à libération lente), mais franchement c’est optionnel. L’olivier n’est pas très gourmand.

Étape 4 : Préparer la motte

Si ton olivier est en conteneur :

  1. Arrose bien la motte 1-2 heures avant
  2. Retire délicatement le pot (tu peux le couper si besoin)
  3. Démêle légèrement les racines sur le pourtour de la motte, surtout si elles tournent en rond

Si c’est une motte grillagée (pour les gros sujets) :

  1. Coupe le grillage sur les côtés
  2. Laisse le fond du grillage en place (il va se dégrader naturellement)
  3. Démêle les racines apparentes

Étape 5 : Positionner l’olivier

C’est l’étape où beaucoup de gens se plantent (sans jeu de mots).

Hauteur de plantation : c’est LE point crucial. La base du tronc doit être 10 à 20 cm AU-DESSUS du niveau du sol. Oui, au-dessus. Pas au niveau, pas en dessous. Au-dessus.

Pourquoi ? Parce qu’avec le tassement naturel de la terre, l’olivier va redescendre un peu. Et surtout, ça permet à l’eau de pluie de s’écouler en pente douce autour du tronc, au lieu de stagner.

Comment vérifier :

  1. Mets un peu du mélange de terre au fond du trou
  2. Pose ta motte
  3. Place un manche de pelle ou une planche en travers du trou
  4. La base du tronc doit être 10-20 cm au-dessus de la planche

Si c’est trop bas, ajoute de la terre. Si c’est trop haut, enlève-en.

Étape 6 : Tuteurer (si nécessaire)

Pour les jeunes oliviers (moins de 5 ans) ou les arbres en zone ventée, un tuteur est une bonne idée.

Comment faire :

  1. Plante 1 à 3 tuteurs AVANT de mettre la motte en place (pour éviter d’abîmer les racines)
  2. Position : plutôt au sud du tronc (pour éviter que l’arbre frotte contre le tuteur poussé par le mistral)
  3. Hauteur : le tuteur doit arriver juste sous les premières branches
  4. Attache : utilise un lien en forme de « 8 » pour éviter que le tronc frotte

Pour un gros olivier, pas besoin de tuteur généralement.

Technique de tuteurage avec attache en 8

Étape 7 : Reboucher le trou

  1. Remplis progressivement avec ton mélange de terre
  2. Tasse régulièrement avec le pied (pas trop fort non plus, tu veux tasser sans compacter)
  3. Remonte jusqu’à ce que la motte soit recouverte d’au moins 5 cm de terre
  4. Forme une cuvette d’arrosage tout autour (un petit rebord circulaire de terre pour retenir l’eau)

Étape 8 : Le premier arrosage

C’est le moment crucial. Tu vas arroser copieusement – et quand je dis copieusement, c’est vraiment copieusement.

Remplis ta cuvette d’arrosage plusieurs fois jusqu’à ce que l’eau ne s’infiltre plus rapidement. On parle de 20-30 litres d’eau au minimum.

Pourquoi tant d’eau ? Pour :

  • Éliminer les poches d’air autour des racines
  • Assurer un bon contact terre/racines
  • Hydrater la motte en profondeur

Attends que l’eau soit totalement absorbée, puis complète avec de la terre si le niveau a baissé (c’est normal).

Étape 9 : Pailler (optionnel mais recommandé)

Tu peux ajouter un paillage autour de l’olivier :

  • Paillage minéral (graviers, pouzzolane) : très esthétique, durable, limite les mauvaises herbes
  • Paillage végétal (écorces de pin) : ça marche aussi mais faut renouveler régulièrement

Attention : laisse 10-15 cm autour du tronc sans paillage pour éviter l’humidité stagnante contre l’écorce.

Plantation en pot : la technique

Pour un olivier en pot, la technique est un peu différente.

Choisir le bon contenant

  • Matériau : terre cuite (meilleur drainage, mais lourd) ou résine (plus léger, facile à déplacer)
  • Taille : au moins 1,5 fois la taille de la motte actuelle
  • Drainage : plusieurs trous au fond, impératif !
Olivier planté en pot sur terrasse

Le substrat parfait

Mélange :

  • 40% terreau pour plantes méditerranéennes
  • 30% terre végétale
  • 20% sable grossier
  • 10% billes d’argile ou pouzzolane

Ou alors tu achètes directement du terreau spécial plantes méditerranéennes, c’est généralement bien dosé.

La technique de plantation

  1. Mets une couche de 5-10 cm de billes d’argile au fond
  2. Ajoute un peu de substrat
  3. Positionne la motte (base du tronc 2-3 cm sous le rebord du pot)
  4. Remplis autour avec le substrat
  5. Tasse bien
  6. Arrose copieusement

Les soins après plantation

Arrosage la première année

Les 3 premières semaines :

  • Arrose 2-3 fois par semaine (sauf s’il pleut)
  • Donne 10-15 litres à chaque fois

Les 3 mois suivants :

  • Réduis à 1 fois par semaine
  • Augmente la quantité : 15-20 litres

Jusqu’à la fin de la première année :

  • Arrose uniquement en cas de sécheresse prolongée
  • Laisse le sol sécher entre deux arrosages

Un truc pour savoir si tu dois arroser : enfonce ton doigt dans la terre sur 5-10 cm. Si c’est sec, arrose. Si c’est encore humide, attends.

Taille de formation

Normalement, les pépiniéristes ont déjà effectué la taille de formation de base. Mais si tu vois des branches qui partent du tronc sous la couronne, tu peux les supprimer au sécateur.

Attends au moins 1 an après la plantation avant toute taille plus importante. L’olivier a besoin de toute son énergie pour s’enraciner.

Protection hivernale

La première année, même dans le Sud, je recommande une petite protection si l’hiver s’annonce rude :

  • Voile d’hivernage pour les jeunes plants
  • Paillage épais au pied (15-20 cm d’écorces de pin par exemple)

Après, une fois bien installé, il se débrouillera tout seul (dans la limite de sa rusticité).

Les erreurs à éviter absolument

Parce que franchement, j’en vois des belles…

❌ Planter trop profond : c’est l’erreur n°1. Résultat : pourriture du collet et mort de l’arbre
❌ Négliger le drainage : dans un sol argileux sans drainage, l’olivier va mourir à petit feu
❌ Arroser trop : « mais je voulais bien faire ! » – oui, mais trop d’eau tue l’olivier
❌ Choisir une mauvaise exposition : à l’ombre, l’olivier ne produira jamais
❌ Planter en été en pleine canicule : le taux d’échec est énorme
❌ Oublier le premier arrosage copieux : les poches d’air font pourrir les racines
❌ Mettre de l’engrais chimique directement au contact des racines : ça les brûle

Quand s’inquiéter après la plantation ?

Quelques symptômes normaux :

  • L’olivier perd quelques feuilles → c’est normal, c’est le stress de la transplantation
  • Les feuilles s’enroulent un peu → manque d’eau probablement, arrose

Symptômes inquiétants :

  • Chute massive des feuilles (50% et plus) → trop ou pas assez d’eau
  • Feuilles qui jaunissent et tombent → excès d’eau ou sol trop compact
  • Branches qui sèchent → gros problème d’enracinement ou gel

En cas de doute, n’hésite vraiment pas à consulter un pro. Mieux vaut réagir vite.

Ma checklist de plantation (à imprimer !)

☐ Emplacement plein soleil vérifié
☐ Drainage du sol testé (ou amélioré)
☐ Trou creusé aux bonnes dimensions
☐ Couche drainante au fond (si nécessaire)
☐ Mélange de plantation préparé
☐ Motte bien humidifiée
☐ Racines démêlées
☐ Hauteur de plantation vérifiée (10-20 cm au-dessus du sol)
☐ Tuteurage si nécessaire
☐ Rebouchage progressif avec tassage régulier
☐ Cuvette d’arrosage formée
☐ Premier arrosage copieux effectué
☐ Paillage installé (optionnel)

Conclusion

Planter un olivier, c’est vraiment un moment spécial. Je le dis souvent à mes clients : c’est pas juste mettre un arbre en terre, c’est inviter un petit bout de Méditerranée dans son jardin. Un olivier bien planté peut vivre des siècles – littéralement.

Alors oui, ça demande un minimum de préparation et de technique. Mais franchement, c’est pas sorcier. Respecte les règles de base (surtout le drainage et la hauteur de plantation), et ton olivier va s’épanouir tranquillement pendant des décennies 🌳

Et dans quelques années, quand tu récolteras tes premières olives ou que tu te reposeras à l’ombre de ses branches, tu te diras que tout ce boulot en valait vraiment la peine.

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout ! N’hésite pas si t’as des questions – je réponds toujours avec plaisir ✨

Olivia – Fondatrice d’Olivarbo


Sources :